Le monde de Gouzy http://gouzy.darkentworld.fr/ La Gazette de Gouzy est une « gazette » bimestrielle et gratuite de bande dessinée. Elle est gérée par un collectif autonome qui n'a pas de statut juridique. Elle s'adresse à tou-te-s celles et ceux qui s'interrogent sur notre « société », voire qui œuvrent déjà pour le changement social. La Gazette de Gouzy entend relayer des réflexions, expérimentations et se faire écho de luttes sociales. Elle essaie également de s'inscrire dans une démarche d' « éducation populaire ». À la manière de certains médias alternatifs (comme CQFD), la « gazette » cherche à éviter tout dogmatisme. Gwenhael et sa chaîne Youtube "L’actu qui chauffe" http://gouzy.darkentworld.fr/art-472-Gwenhael-et-sa-chaine-Youtube-quotLactu-qui-chauffequot http://gouzy.darkentworld.fr/art-472-Gwenhael-et-sa-chaine-Youtube-quotLactu-qui-chauffequot <p><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1620329481_121398183_373215733834145_7566765456936003351_n.png" alt="" width="500" height="500" /></p> <p>Gwenha&euml;l, de Plouy&eacute; (dans le Finist&egrave;re), a r&eacute;cemment cr&eacute;&eacute; une cha&icirc;ne YouTube militante, L&rsquo;Actu qui Chauffe, dont il nous parle, ainsi que de son parcours, des modes de vie alternatifs, du Centre-Bretagne&hellip;<br class="autobr" /> On trouvera en pi&egrave;ce jointe l&rsquo;interview vid&eacute;o de 40&rsquo; qu&rsquo;il a r&eacute;cemment r&eacute;alis&eacute;e avec la journaliste Morgane Large, &eacute;galement &eacute;voqu&eacute;e dans cet entretien.</p> Fri, 07 May 2021 18:16:06 GMT+2 [Vidéo] MORGAN LARGE, la journaliste bretonne attaquée http://gouzy.darkentworld.fr/video-70-MORGAN-LARGE-la-journaliste-bretonne-attaquee http://gouzy.darkentworld.fr/video-70-MORGAN-LARGE-la-journaliste-bretonne-attaquee <p>Le 31 mars dernier, la journaliste Morgan Large, qui enqu&ecirc;te sur l&rsquo;industrie agro-alimentaire en Centre Bretagne, a d&eacute;couvert que son v&eacute;hicule a &eacute;t&eacute; sabot&eacute;&nbsp;: l&rsquo;une de ses roues de voiture a &eacute;t&eacute; d&eacute;boulonn&eacute;e. &laquo;&nbsp;L&rsquo;acte de trop&nbsp;&raquo; qui fait suite &agrave; de nombreuses attaques contre la libert&eacute; de la presse en Bretagne. &laquo;&nbsp;L&rsquo;Actu qui Chauffe&nbsp;&raquo; est all&eacute; &agrave; la rencontre de Morgan Large. Interview &eacute;difiante&nbsp;!</p> Thu, 06 May 2021 22:40:15 GMT+2 Algues vertes : « Si on ne veut plus avoir d’algues vertes, il faut produire moins. Il faut décroître » (Inès Léraud) http://gouzy.darkentworld.fr/art-471-Algues-vertes-Si-on-ne-veut-plus-avoir-dalgues-vertes-il-faut-produire-moins-Il-faut-decroitre-Ines-Leraud http://gouzy.darkentworld.fr/art-471-Algues-vertes-Si-on-ne-veut-plus-avoir-dalgues-vertes-il-faut-produire-moins-Il-faut-decroitre-Ines-Leraud <p style="text-align: justify;"><br /><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1579296436_1-min.jpg" alt="" /><br /><br /><strong>Les algues vertes tuent&nbsp;! Pas seulement les animaux, au moins 40 ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s sur les plages bretonnes, mais aussi les hommes. Le responsable est connu&nbsp;: l&rsquo;hydrog&egrave;ne sulfur&eacute; (H2S) &eacute;manant des algues vertes. Il ne s&rsquo;agit pourtant pas d&rsquo;une fatalit&eacute;. Car si le responsable est connu, le coupable, lui, tente de se d&eacute;rober&nbsp;: une agriculture productiviste dont les pratiques remontent &agrave; la &laquo;&nbsp;modernisation agricole&nbsp;&raquo; des ann&eacute;es 60&nbsp;! L&rsquo; &laquo;&nbsp;histoire interdite&nbsp;&raquo; des algues vertes constitue le c&oelig;ur d&rsquo;une courageuse enqu&ecirc;te dessin&eacute;e, sign&eacute;e de la journaliste In&egrave;s L&eacute;raud et du dessinateur Pierre Van Hove<sup>1</sup>. &Agrave; l&rsquo;occasion de la venue d&rsquo;In&egrave;s L&eacute;raud &agrave; Berrien (29) pour la pr&eacute;sentation de cette Bande Dessin&eacute;e parue en juin 2019, La Gazette de Gouzy a rencontr&eacute; la journaliste. Entretien.</strong><br /><br /><br /><strong><em>La Gazette de Gouzy&nbsp;:</em> Un jour, &agrave; la sortie d&rsquo;une conf&eacute;rence, un homme t&rsquo;a remis un dossier sur &laquo;&nbsp;les morts des algues vertes&nbsp;&raquo;. Ce fut le point de d&eacute;part de ton enqu&ecirc;te. Qu&rsquo;est-ce qui a fait qu&rsquo;&agrave; ce moment l&agrave;, tu as choisi de te consacrer pleinement &agrave; ce sujet&nbsp;?</strong><br /><br /><strong><em>In&egrave;s L&eacute;raud&nbsp;:</em></strong> Moi ce que je trouvais int&eacute;ressant, c&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; la diff&eacute;rence des autres dossiers que j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de traiter, comme l&rsquo;amiante, la radioactivit&eacute; ou les pesticides, il y avait l&agrave; un ph&eacute;nom&egrave;ne hyper visible d&rsquo;algues vertes. <span style="color: #333333;"><strong>Les effets sur la sant&eacute; des algues vertes ne sont pas diff&eacute;r&eacute;s dans le temps</strong></span>, contrairement aux autres produits toxiques sur lesquels j&rsquo;enqu&ecirc;te, mais sont imm&eacute;diats. Les morts sont retrouv&eacute;s sur les tas d&rsquo;algues vertes. Il y a une situation hyper int&eacute;ressante pour moi&nbsp;: je n&rsquo;ai pas &agrave; trop creuser la question scientifique, alors que d&rsquo;habitude je passe mon temps &agrave; enqu&ecirc;ter sur les rapports scientifiques pour essayer de montrer les liens de causalit&eacute; entre l&rsquo;exposition et la maladie. L&agrave;, je n&rsquo;ai pas &agrave; me prendre la t&ecirc;te sur les questions scientifiques. Tout est l&agrave; et du coup, je vais pouvoir enqu&ecirc;ter sur l&rsquo;aspect politique, sur le discours politique, sur comment, face &agrave; quelque chose d&rsquo;aussi &eacute;norme et &eacute;vident, on peut avoir des r&eacute;actions de d&eacute;ni, de mensonge, sur comment on manipule les foules. <strong><span style="color: #333333;">Ici, le discours politique est clairement mensonger et on peut &eacute;tudier ce mensonge sans avoir &agrave; prouver des choses scientifiques.</span> </strong><br /><br /><strong>Ce qui marque une vraie diff&eacute;rence par rapport &agrave; tes enqu&ecirc;tes pr&eacute;c&eacute;dentes...</strong><br /><br />Dans ce que j&rsquo;avais fait auparavant, il demeurait toujours des doutes scientifiques parce que jamais on ne pourra r&eacute;ellement prouver un lien entre un cancer et une exposition &agrave; un produit chimique chez une personne. On peut le prouver plut&ocirc;t &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle d&rsquo;une population. <br /><br />L&agrave;, pour moi <strong><span style="color: #333333;">c&rsquo;est clairement une enqu&ecirc;te politique</span></strong>. Ce n&rsquo;est plus tellement une enqu&ecirc;te scientifique, parce que tous les acteurs, y compris les scientifiques, sont pris dans des enjeux politiques. Tout est prouv&eacute; depuis tr&egrave;s longtemps et finalement, ces connaissances tardent &agrave; devenir publiques parce qu&rsquo;il y a des int&eacute;r&ecirc;ts politiques et &eacute;conomiques en jeu.<br /><br /><strong>Dans ton enqu&ecirc;te, tu montres bien qu&rsquo;il y a deux tabous. Il y a celui des cons&eacute;quences, avec des &laquo;&nbsp;lanceurs d&rsquo;alerte&nbsp;&raquo; qui ont montr&eacute; que les algues vertes tuent et pas seulement les animaux. Et il y a un tabou plus politique qui est celui des causes, &agrave; savoir les pratiques de l&rsquo;agriculture intensive. Quel a &eacute;t&eacute; le moment fort de ton travail&nbsp;?</strong><br /><br />Le moment vraiment fort pour moi, c&rsquo;est le t&eacute;moignage de l&rsquo;ancien &eacute;lu de la FNSEA, le producteur porcin, qui raconte comment la valeur et la richesse que cr&eacute;ent les agriculteurs sont r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es, par qui, comment et <strong><span style="color: #333333;">de quelle mani&egrave;re l&rsquo;argent des subventions, l&rsquo;argent des imp&ocirc;ts et cetera, qui est distribu&eacute; aux agriculteurs via la PAC est finalement ensuite capt&eacute; par quelques grosses familles.</span></strong> Ces transferts d&rsquo;argent, pour moi, c&rsquo;est l&rsquo;aspect qui a &eacute;t&eacute; le plus important et le plus int&eacute;ressant &agrave; &eacute;tudier.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <hr /> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><span style="color: #808080; font-size: large;"><strong>ZOOM : quand la richesse &eacute;chappe aux agriculteurs&nbsp;! </strong></span><br /><br /><span style="color: #808080;"><strong>Comme le souligne In&egrave;s L&eacute;raud dans son enqu&ecirc;te, aujourd&rsquo;hui 99&nbsp;% des agriculteurs se retrouvent captifs de grands groupes industriels (Triskalia, Cooperl&hellip;) qui ont la mainmise sur l&rsquo;ensemble de la cha&icirc;ne de production. De l&rsquo;alimentation pour les animaux, &agrave; la transformation, en passant par l&rsquo;&eacute;levage ou les engrais, rien n&rsquo;&eacute;chappe au contr&ocirc;le de l&rsquo;industrie agro-alimentaire. Comment peut-on se laisser &laquo;&nbsp;pi&eacute;ger&nbsp;&raquo; dans un tel syst&egrave;me, pourrait-on se demander. La logique est implacable&nbsp;: l&rsquo;endettement pousse &agrave; l&rsquo;intensif. Pour s&rsquo;installer, nombre d&rsquo;agriculteurs contractent des emprunts bancaires, souvent exorbitants, et doivent produire de mani&egrave;re intensive pour les rembourser. R&eacute;sultat&nbsp;: comme le souligne In&egrave;s L&eacute;raud, &laquo;&nbsp;les gains de productivit&eacute; sont capt&eacute;s par les dirigeants de l&rsquo;agro-alimentaire, les banques et la grande distribution.&nbsp;&raquo; (p. 103)</strong></span></p> <hr /> <p style="text-align: justify;"><br /><br /><strong>Tu as rencontr&eacute; &eacute;galement Jean-Yves Guillou, un ancien &eacute;leveur laitier intensif de Fouesnant, qui &eacute;tait aussi syndiqu&eacute; &agrave; la FNSEA et qui a fini par remettre en cause cette logique productiviste. Selon lui, &laquo;&nbsp;pour r&eacute;soudre le probl&egrave;me des mar&eacute;es vertes, il faudrait plut&ocirc;t d&eacute;cro&icirc;tre, produire moins.&nbsp;&raquo; Cette rencontre a-t-elle &eacute;t&eacute; un autre moment important&nbsp;?</strong> <br /><br />Pour cet agriculteur, Jean-Yves Guillou, oui en effet, mais tout le monde le dit&nbsp;: <span style="color: #333333;"><strong>si on ne veut plus avoir d&rsquo;algues vertes, il faut produire moins. Il faut d&eacute;cro&icirc;tre.</strong></span> Moi j&rsquo;ai trouv&eacute; le parcours de cet agriculteur int&eacute;ressant parce que le plan algues vertes, qui est un plan &eacute;tatique cens&eacute; r&eacute;duire la quantit&eacute; d&rsquo;algues vertes sur le littoral, a chang&eacute; sa vie mais pas de la mani&egrave;re dont on croit. Lui, il a compris le &laquo;&nbsp;th&eacute;&acirc;tre politique&nbsp;&raquo; en participant aux r&eacute;unions du premier plan algues vertes. Il a finalement d&eacute;cid&eacute; de changer de syst&egrave;me, non pas parce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; convaincu par ce plan algues vertes mais au contraire, parce qu&rsquo;il s&rsquo;est rendu compte que ce plan n&rsquo;&eacute;tait en fait qu&rsquo;un simulacre et que <strong><span style="color: #333333;">les agriculteurs se faisaient compl&egrave;tement d&eacute;pouill&eacute;s par les industriels, avec la complicit&eacute; de l&rsquo;&Eacute;tat.</span></strong><br /><br /><strong>Est ce-que c&rsquo;est l&rsquo;aspect in&eacute;vitablement anti-productiviste de ton enqu&ecirc;te qui d&eacute;range selon toi&nbsp;?</strong><br /><br />Je ne pense pas parce que les propos anti-productivistes sont hyper courants. M&ecirc;me le conseil d&eacute;partemental tient des propos anti-productivistes. Apr&egrave;s, ce sont des propos qui se diff&eacute;rencient compl&egrave;tement des actes, mais le conseil d&eacute;partemental va dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;il faut qu&rsquo;on fasse moins de quantit&eacute; mais plus de qualit&eacute;&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est un propos quasi g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;. Non, ce n&rsquo;est pas &ccedil;a ma conclusion. C&rsquo;est plut&ocirc;t la souverainet&eacute; des personnes &agrave; d&eacute;cider de ce qui se passe sur leurs communes et de quelle mani&egrave;re l&rsquo;alimentation peut &ecirc;tre produite. Ce n&rsquo;est pas&nbsp;: productivistes ou pas productivistes. C&rsquo;est davantage, un peu comme on a pu dire pour les populations colonis&eacute;es&nbsp;: <span style="color: #333333;"><strong>il faut le libre arbitre des personnes et des populations, quant au destin de leur territoire.</strong></span> Et c&rsquo;est &ccedil;a que j&rsquo;ai trouv&eacute; int&eacute;ressant, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une sorte de colonisation &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la France. <span style="color: #333333;"><strong>Les r&eacute;gions rurales de France ont &eacute;t&eacute; trait&eacute;es comme des colonies.</strong></span> C&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;il y a eu une politique &eacute;tatique tr&egrave;s centralis&eacute;e qui a d&eacute;cid&eacute; de leur avenir, sans prendre du tout les d&eacute;cisions en accord avec les populations. Et aujourd&rsquo;hui, on a accultur&eacute; des territoires entiers. Dans l&rsquo;histoire de Jean-Yves Guillou, on voit bien comment il a d&eacute;cid&eacute; de reprendre en main son destin et comment il a d&eacute;cid&eacute; de ne plus se fier ni &agrave; ceux qui, soit-disant, combattent les algues vertes &agrave; travers les plans algues vertes, ni aux industriels pour qui il travaillait. Il a donc enti&egrave;rement repris &agrave; son compte sa production.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1579381490_2.jpg" alt="" /><br /> &copy; Halte aux mar&eacute;es vertes, 2019.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Quelles sont les cons&eacute;quences de ton enqu&ecirc;te&nbsp;? Peux-tu d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; en mesurer certains impacts&nbsp;? Au niveau journalistique, par exemple, ton enqu&ecirc;te a-t-elle suscit&eacute; d&rsquo;autres enqu&ecirc;tes sur le sujet&nbsp;?</strong><br /><br />Quand tu vois le travail d&rsquo;&Eacute;lise Lucet par exemple, il y a d&eacute;j&agrave; un gros travail journalistique qui est fait sur le syst&egrave;me agro-alimentaire et pas forc&eacute;ment que breton. En tout cas, cette BD a &eacute;t&eacute; &eacute;norm&eacute;ment relay&eacute;e. La presse nationale en a beaucoup parl&eacute;. Il y a eu deux articles dans Le Monde, deux dans les Inrocks, un dans Grazia&hellip; &Ccedil;a veut donc dire que ce fond est &eacute;norm&eacute;ment relay&eacute; et puis aussi, de mon c&ocirc;t&eacute;, j&rsquo;ai eu beaucoup de retours y compris, pour la premi&egrave;re fois, de journalistes me disant&nbsp;: &laquo;&nbsp;je veux vous parler des pressions que je subis au sein de ma r&eacute;daction locale&nbsp;&raquo;. J&rsquo;ai donc l&rsquo;impression que<span style="color: #333333;"><strong> cela a lib&eacute;r&eacute; une parole &agrave; un niveau que je n&rsquo;avais jamais atteint d&rsquo;habitude &agrave; travers mes enqu&ecirc;tes.</strong></span> Jusque l&agrave;, il y avait en effet toujours des zones de r&eacute;sistance et notamment dans le journalisme o&ugrave; je n&rsquo;avais pas encore eu de t&eacute;moignage de censure et d&rsquo;auto-censure en Bretagne. L&agrave;, j&rsquo;ai re&ccedil;u au contraire beaucoup de retours de journalistes de la presse locale. <br /><br />C&rsquo;est &eacute;tonnant de voir &agrave; quel point la BD circule, &agrave; quel point elle est offerte. Souvent en signature, les gens me disent&nbsp;: &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai envie de l&rsquo;offrir &agrave; mon p&egrave;re qui travaille dans l&rsquo;agro-alimentaire&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai envie de l&rsquo;offrir &agrave; ma m&egrave;re qui ne comprend pas les questions &eacute;cologiques et qui ne me croit pas quand je lui dis qu&rsquo;on nous ment&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai envie de l&rsquo;offrir aux &eacute;lus de ma commune&nbsp;&raquo;. Elle sert d&rsquo;argument pour des gens qui essaient de d&eacute;battre avec d&rsquo;autres gens avec lesquels ils sont en d&eacute;saccord. C&rsquo;est &eacute;norme une parole qui se lib&egrave;re. Je vois bien que les gens ont pleins, pleins, pleins d&rsquo;histoires &agrave; raconter sur les algues vertes et je pense que c&rsquo;est tr&egrave;s puissant. <span style="color: #333333;"><strong>C&rsquo;est un moment politique important quand les gens t&eacute;moignent des pressions ou censures qu&rsquo;ils vivent dans leur travail</strong></span> ou bien quand ils prennent conscience de l&rsquo;environnement politique dans lequel ils vivent.<br /><br /><strong>Dans ton enqu&ecirc;te, tu montres bien que ce sont des d&eacute;cennies de &laquo;&nbsp;fabrique du silence&nbsp;&raquo;. Lib&eacute;rer la parole est peut-&ecirc;tre la premi&egrave;re pierre d&rsquo;une mobilisation autour de ces questions-l&agrave;. Pour toi, c&rsquo;est vraiment l&rsquo;aspect le plus visible pour le moment&nbsp;?</strong><br /><br />Oui.<br /><br /><strong>Et au niveau politique ou au niveau des acteurs &eacute;conomiques mis en cause dans ton enqu&ecirc;te, as tu eu des retours&nbsp;?</strong><br /><br />Non, tr&egrave;s peu. Thierry Burlot, qui est dans la BD (NDLR&nbsp;: alors conseiller r&eacute;gional charg&eacute; de l&rsquo;eau et de l&rsquo;environnement), est venu se faire prendre en photo alors qu&rsquo;il est critiqu&eacute; dans la BD. Il a ensuite d&eacute;clar&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux qu&rsquo;il soutenait cet album. Le T&eacute;l&eacute;gramme [NDLR&nbsp;: du 7 juillet 2019] a fait deux pages sur la BD, avec du &laquo;&nbsp;pour&nbsp;&raquo; et du &laquo;&nbsp;contre&nbsp;&raquo;. Ce qui est &eacute;tonnant, c&rsquo;est que les trois &eacute;lus interrog&eacute;s et cit&eacute;s dans le T&eacute;l&eacute;gramme - comme Olivier Allain, vice-pr&eacute;sident &agrave; l&rsquo;agriculture de la r&eacute;gion Bretagne - avaient tous l&rsquo;air de reconna&icirc;tre, en partie, la solidit&eacute; de ce travail. La seule attaque qu&rsquo;on a en diffamation vient d&rsquo;un scientifique qui s&rsquo;appelle Christian Buson et qui travaille au c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;agro-alimentaire.<br /><br /><strong>Ce qui est particulier, c&rsquo;est qu&rsquo;il t&rsquo;attaque toi personnellement et non l&rsquo;&eacute;diteur&hellip;</strong> <br /><br />Oui.</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1579382721_2%20alguesVertes-p4.jpg" alt="" /></p> <p style="text-align: justify;">&copy; La Revue dessin&eacute;e &ndash; Delcourt, 2019 &ndash; Leraud, Van Hove</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Il y a aussi beaucoup de probl&egrave;mes quant &agrave; la diffusion de la BD...</strong><br /><br />L&agrave; par exemple, dans le Finist&egrave;re, la BD est invisible au Centre culturel Leclerc de Carhaix. Elle est dans les coulisses du magasin. Tu peux la demander, mais elle n&rsquo;est pas visible (NDLR&nbsp;: quelques exemplaires ont &eacute;t&eacute; mis en rayon depuis). Et &agrave; la maison de la presse du centre-ville, ils n&rsquo;arrivent pas &agrave; la commander.<br /><br /><strong>Les caf&eacute;s-librairies de Bretagne disent la m&ecirc;me chose&hellip;</strong><br /><br />Moi au d&eacute;part, quand j&rsquo;en parlais &agrave; mon &eacute;diteur, il avait l&rsquo;air tellement de bonne foi en me disant&nbsp;: &laquo;&nbsp;c&rsquo;est juste qu&rsquo;il y a du retard &ndash; et cela arrive tout le temps - qu&rsquo;on n&rsquo;a pas d&rsquo;imprimeur en France mais en Pologne et que Hachette a du retard &agrave; la livraison. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a toujours des ruptures de stock.&nbsp;&raquo; Mais quand j&rsquo;entends les libraires, je me dis que cela vaudrait le coup d&rsquo;enqu&ecirc;ter pour chercher &agrave; en savoir plus. Les libraires disent par exemple que &laquo;&nbsp;Coop Breizh&nbsp;&raquo;, le diffuseur d&rsquo;Hachette en Bretagne, n&rsquo;a &eacute;t&eacute; fourni du livre qu&rsquo;&agrave; partir de novembre.<br /><br />Apr&egrave;s, il y a peut-&ecirc;tre eu des pressions sur Hachette, qui appartient &agrave; Lagard&egrave;re. <span style="color: #333333;"><strong>Se peut-il qu&rsquo;il y ait des liens entre Lagard&egrave;re, Jean-Yves Le Drian</strong> </span>[NDLR&nbsp;: pr&eacute;sident du conseil r&eacute;gional de Bretagne entre 2004 et 2017]<span style="color: #333333;"><strong>, une sorte de communaut&eacute; d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts, une solidarit&eacute;&hellip;&nbsp;?</strong></span><br /><br /><strong>Dans son dernier livre, &laquo;&nbsp;Il est o&ugrave;, le bonheur&nbsp;&raquo; (Les Liens Qui Lib&egrave;rent, 2019), Fran&ccedil;ois Ruffin &eacute;crit que dans les d&eacute;bats autour de l&rsquo;imp&eacute;ratif &eacute;cologique, il y a toujours des gens qui disent qu&rsquo;il suffirait de boycotter les multinationales ou qui insistent sur l&rsquo;importance des &laquo;&nbsp;petits gestes&nbsp;&raquo;. Ruffin affirme au contraire que rien n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; obtenu par le boycott. Les conqu&ecirc;tes sociales ont toujours &eacute;t&eacute; le fruit de luttes sociales. L&rsquo;&eacute;cologie doit ainsi, selon lui, &ecirc;tre une lutte pour imposer de nouvelles r&egrave;gles communes. Sur un plan plus politique, est ce une conclusion que tu tires toi aussi&nbsp;?</strong><br /><br />Ma conclusion, c&rsquo;est vraiment qu&rsquo;il faut r&eacute;investir le politique, notamment local, &agrave; commencer par les conseils municipaux, les associations&nbsp;: essayer de trouver les moyens d&rsquo;habiter sa ville, sa commune, autrement que de mani&egrave;re hyper individuelle, c&rsquo;est-&agrave;-dire par le travail et la consommation. <span style="color: #333333;"><strong>Cela pose la question du travail qui nous accapare compl&egrave;tement</strong></span> et souvent &agrave; des fins avec lesquelles nous sommes en d&eacute;saccord. On parle toujours de la consommation, mais <span style="color: #333333;"><strong>ce qui occupe le plus nos vies c&rsquo;est le travail&nbsp;: o&ugrave; on travaille, pour qui, pourquoi&nbsp;?</strong></span> D&rsquo;autant plus que la majeure partie des produits agro-alimentaires bretons sont vou&eacute;s &agrave; l&rsquo;export, donc le boycott n&rsquo;aura aucun effet. De ce point de vue l&agrave;, ma r&eacute;flexion est plut&ocirc;t de m&rsquo;int&eacute;resser &agrave; ce qui se passe &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de la mairie et &agrave; comment des communes aujourd&rsquo;hui arrivent &agrave; atteindre leur souverainet&eacute; alimentaire et &eacute;nerg&eacute;tique.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1579383119_4%20-%20Goutal.jpg" alt="" /></p> <p style="text-align: justify;">&copy; Alain Goutal</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Comment, selon toi, le travail pourrait-il &ecirc;tre repens&eacute;&nbsp;?</strong><br /><br />Ce que j&rsquo;observe en tant que journaliste, c&rsquo;est la difficult&eacute; que j&rsquo;ai &agrave; obtenir des t&eacute;moignages ou non. Je vois bien que sur des sujets tels que le nucl&eacute;aire, les pesticides, c&rsquo;est extr&ecirc;mement difficile d&rsquo;obtenir des t&eacute;moignages de salari&eacute;s en activit&eacute;. Je n&rsquo;ai quasiment jamais pu en avoir et on voit aussi qu&rsquo;en g&eacute;n&eacute;ral, les salari&eacute;s sont bizarrement du c&ocirc;t&eacute; du patronat pour d&eacute;fendre leurs usines. &Agrave; Fessenheim, cette centrale nucl&eacute;aire situ&eacute;e sur une faille sismique, les salari&eacute;s d&eacute;fendent la centrale et servent ainsi les int&eacute;r&ecirc;ts du patronat. J&rsquo;observe aussi autre chose. Souvent, quand les gens que je connais partent &agrave; la retraite, je vois bien que leur discours change du tout au tout. <span style="color: #333333;"><strong>Dans certaines formes de travail aujourd&rsquo;hui, il y a donc bien une pression qui s&rsquo;exerce sur la parole et sur l&rsquo;esprit critique.</strong></span> Quand les gens sont &agrave; la retraite, je vois aussi qu&rsquo;ils sont plus libres et ont plus de temps pour s&rsquo;investir pour le bien commun. <br /><br />Toutes ces observations m&rsquo;ont amen&eacute; &agrave; me dire&nbsp;: <span style="color: #333333;"><strong>est-ce que le &laquo;&nbsp;revenu universel&nbsp;&raquo; ne serait pas une piste int&eacute;ressante pour changer de mod&egrave;le de soci&eacute;t&eacute;&nbsp;?</strong></span> Ainsi, les gens n&rsquo;auraient plus peur de perdre leur emploi, &agrave; Fessenheim par exemple, puisque une base de revenu leur serait assur&eacute;e. Ils pourraient peut-&ecirc;tre se r&eacute;orienter vers des activit&eacute;s qui leur para&icirc;traient avoir plus de sens et qui seraient plus respectueuses de leurs valeurs. Concernant tous les grands sujets environnementaux, que ce soit l&rsquo;amiante, les boues rouges, le nucl&eacute;aire ou les pesticides, <span style="color: #333333;"><strong>aujourd&rsquo;hui ce qu&rsquo;on nous oppose, c&rsquo;est l&rsquo;emploi. Comment faire sauter ce verrou&nbsp;?</strong></span> Derri&egrave;re tout &ccedil;a, pour moi, la question de la prise de d&eacute;cision et celle des relations de domination et de pouvoir sont clairement au c&oelig;ur du probl&egrave;me. La structure politique de notre soci&eacute;t&eacute; est encore tr&egrave;s hi&eacute;rarchis&eacute;e et tr&egrave;s pyramidale et je pense qu&rsquo;il faudrait trouver des solutions pour rendre cela plus d&eacute;mocratique &agrave; tous les niveaux, y compris au travail. L&rsquo;entreprise est un endroit de non d&eacute;mocratie absolue.<br /><br /><strong>Lors de tes enqu&ecirc;tes dans le milieu agricole, tu as rencontr&eacute; des gens qui ont r&eacute;ussi &agrave; s&rsquo;extraire de ces rapports salariaux et &agrave; r&eacute;inventer, au moins en partie, un rapport plus libre au travail...</strong><br /><br />Effectivement, il y a &eacute;norm&eacute;ment d&rsquo;agriculteurs qui travaillent dans de petites structures, g&eacute;n&eacute;ralement bio, mais pas forc&eacute;ment, et qui ne travaillent pas pour une coop&eacute;rative. Ils vendent en direct et ont r&eacute;ussi &agrave; se lib&eacute;rer compl&egrave;tement de cette contrainte d&rsquo;&ecirc;tre uniquement salari&eacute;s.<br /><br /><strong>On a l&rsquo;impression que face aux &laquo;&nbsp;lanceurs d&rsquo;alerte&nbsp;&raquo; et aux associations dont tu relates le &laquo;&nbsp;combat&nbsp;&raquo;, il n&rsquo;y a pas de r&eacute;elle volont&eacute; de se mettre autour de la table. On ne voit pas vraiment &eacute;merger l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une forme d&rsquo;&eacute;cologie qui serait consensuelle...</strong><br /><br />Comme pour le f&eacute;minisme, il y a pleins d&rsquo;&eacute;cologies diff&eacute;rentes. Il y a une &eacute;cologie hyper technocratique, il y a des discours de communication dans tous les sens, du &laquo;&nbsp;greenwashing&nbsp;&raquo;, des discours compl&egrave;tement d&eacute;connect&eacute;s des actes&hellip; Dans le cas des algues vertes, <span style="color: #333333;"><strong>ce qui est important pour moi, c&rsquo;est vraiment de r&eacute;fl&eacute;chir aux rapports de domination.</strong></span> Ces rapports de domination sont intrins&egrave;quement li&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;cologie. Ce sont les structures qui m&rsquo;int&eacute;ressent. Je ne pense pas que les &laquo;&nbsp;riches&nbsp;&raquo; soient compl&egrave;tement &agrave; jeter &agrave; la poubelle et que le dialogue soit impossible.<br /><br /><strong>Aujourd&rsquo;hui tu as quitt&eacute; la Bretagne. Peux-tu nous dire sur quel sujet tu travailles en ce moment&nbsp;?</strong> <br /><br />En ce moment j&rsquo;enqu&ecirc;te, mais je ne peux pas dire sur quoi. Je travaille avec le collectif d&rsquo;investigation &laquo;&nbsp;Disclose&nbsp;&raquo;<sup>2</sup> et des journalistes d&rsquo;investigation.<br /><br /><strong>Et penses-tu revenir un jour &agrave; la Bande Dessin&eacute;e&nbsp;?</strong><br /><br />Oui, j&rsquo;aimerais beaucoup.<br /><br /><br />Propos recueillis par Gwenha&euml;l Blorville le 18 d&eacute;cembre 2019.<br /><br /><strong>Cr&eacute;dit photo</strong>&nbsp;: sauf mention contraire, &copy; Gwenha&euml;l Blorville &ndash; La Gazette de Gouzy.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;"><strong>Publi&eacute; en PARTENARIAT avec &laquo; Mr Mondialisation &raquo; :<br /></strong></span></p> <p style="text-align: justify;"><a>https://mrmondialisation.org/</a></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><a href="https://mrmondialisation.org/"><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1579295789_Mr-Mond_Logo_exe_RETINA.png" alt="" /></a></p> <p style="text-align: justify;">____________________________</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p> <p style="text-align: justify;">[1] <em>Algues vertes, l&rsquo;histoire interdite</em>, &Eacute;ditions Delcourt/La Revue Dessin&eacute;e, juin 2019.</p> <p style="text-align: justify;">[2] Le collectif &laquo;&nbsp;Disclose&nbsp;&raquo; se veut &laquo;&nbsp;&agrave; la fois un m&eacute;dia et une ONG&nbsp;&raquo; et se consacre &agrave; &laquo;&nbsp;&agrave; des probl&eacute;matiques fondamentales : les crimes environnementaux, l&rsquo;industrie agro-alimentaire, les libert&eacute;s fondamentales, la justice sociale, la d&eacute;linquance financi&egrave;re et la sant&eacute; publique.&nbsp;&raquo; <a href="https://disclose.ngo">https://disclose.ngo </a></p> Fri, 17 Jan 2020 22:15:14 GMT+2 À Verdun, Gilets jaunes et Marcheurs pour le climat : « Il ne faut plus réclamer le changement, il faut le provoquer » http://gouzy.darkentworld.fr/art-470-A-Verdun-Gilets-jaunes-et-Marcheurs-pour-le-climat-Il-ne-faut-plus-reclamer-le-changement-il-faut-le-provoquer http://gouzy.darkentworld.fr/art-470-A-Verdun-Gilets-jaunes-et-Marcheurs-pour-le-climat-Il-ne-faut-plus-reclamer-le-changement-il-faut-le-provoquer <p><img src="https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH405/arton17444-d52cd.jpg?1556524596" alt="" /></p> <p>"&Agrave; Verdun, une centaine de personnes seulement ont particip&eacute; au Printemps du changement. La convergence entre Gilets jaunes et Marcheurs pour le climat n&rsquo;a pas vraiment pris. Mais la d&eacute;termination &eacute;tait l&agrave;, et plusieurs actions de d&eacute;sob&eacute;issance civile se pr&eacute;parent."</p> Wed, 01 May 2019 14:17:06 GMT+2 Avant-première Gazette n°3 (2019) http://gouzy.darkentworld.fr/art-469-Avant-premiere-Gazette-n3-2019 http://gouzy.darkentworld.fr/art-469-Avant-premiere-Gazette-n3-2019 <p><strong>D&eacute;couvrez en avant-premi&egrave;re le nouveau num&eacute;ro de La Gazette de Gouzy, <em>1er journal dessin&eacute; de la d&eacute;croissance en France</em> !</strong></p> <p><a href="http://lagazettedegouzy.fr/files/1556715278_Gazette_n3-2019_v0.4_web.pdf"><strong><img style="border: 1px solid black;" src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1556711906_Gazette_n3-2019_v0.4-page001.jpg" alt="" /></strong></a></p> <p>(Cliquez sur l'image)</p> <hr style="border-top: 3px solid #aaa; margin: 15px 80px;" /> <p><strong><span style="font-size: medium; color: #800080;"><strong>Bonus</strong></span></strong></p> <p><strong>Les dessinateurs en plein travail</strong></p> <p><strong><img src="images/pict/art-469-1.jpg" alt="" /></strong></p> <p><strong>&Eacute;laboration de la couverture</strong></p> <p><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1556711497_Couv_crayonne_working.jpg" alt="" /></p> <p><strong>Dessin des planches en cours</strong></p> <p><strong><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1556711784_IMG_20190415_200703.jpg" alt="" /></strong></p> <p><strong>Planche 4 (page 15)</strong></p> <p><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1556711609_Planche_4_working.jpg" alt="" /></p> <p><strong>Mise en page dans Scribus</strong></p> <p><img src="http://lagazettedegouzy.fr/files/1556711711_2019-05-01-134114_1920x1080_scrot.png" alt="" /></p> <hr style="border-top: 3px solid #aaa; margin: 15px 80px;" /> <p><strong><span style="font-size: medium; color: #800080;"><strong>Compl&eacute;ments</strong></span></strong></p> <p>Les livres &eacute;voqu&eacute;s dans ce num&eacute;ro :</p> <ul> <li><strong>Gratuit&eacute; vs capitalisme</strong> de Paul Ari&egrave;s : <a href="https://frama.link/2R7_CUAC">https://frama.link/2R7_CUAC</a></li> <li><strong>Ce pays que tu ne connais pas</strong> de Fran&ccedil;ois Ruffin : <a>https://frama.link/8NY27-a8</a></li> <li><strong>Un projet de d&eacute;croissance manifeste pour une Dotation Inconditionnelle d'Autonomie (DIA)</strong> : <a href="https://frama.link/xTZ16sUq">https://frama.link/xTZ16sUq</a></li> </ul> <!--<hr style="border-top: 3px solid #aaa; margin: 15px 80px;" /> <div style="background: #eee; padding: 4px 8px;"> <p><strong>Puisque vous &ecirc;tes ici&hellip;</strong></p> <p>Pour continuer de vivre, la Gazette de Gouzy a besoin du soutien de ses lecteurs.</p> <p style="text-align: center;"><a style="background: #ddd; color: #333; font-size: 16px; border-radius: 4px; padding: 4px 12px; display: inline-block; border-bottom: 2px solid #ccc; font-weight: bold;" href="soutenir">Soutenir</a></p> </div>--> Wed, 01 May 2019 13:49:59 GMT+2 [TRIBUNE LA GAZETTE DE GOUZY] Sur le terrain, les « utopies concrètes » font vivre la décroissance http://gouzy.darkentworld.fr/art-467-TRIBUNE-LA-GAZETTE-DE-GOUZY-Sur-le-terrain-les-utopies-concretes-font-vivre-la-decroissance http://gouzy.darkentworld.fr/art-467-TRIBUNE-LA-GAZETTE-DE-GOUZY-Sur-le-terrain-les-utopies-concretes-font-vivre-la-decroissance <p><img src="https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH481/arton16979-75611.jpg?1552657866" alt="" width="720" height="481" /></p> <p>&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Si les &laquo; utopies concr&egrave;tes &raquo; se multiplient &ndash; monnaies locales, circuits courts... &ndash; la d&eacute;croissance est plus discr&egrave;te sur le terrain des id&eacute;es. Les auteurs de cette tribune appellent &agrave; la vigilance : pour &eacute;viter leur r&eacute;cup&eacute;ration par le syst&egrave;me marchand, &laquo; les r&eacute;flexions ne doivent pas rester cantonn&eacute;es aux cercles militants &raquo;.</strong><br /><br /><strong>Gwenha&euml;l Blorville</strong> est docteur en sociologie et r&eacute;dacteur en chef de La Gazette de Gouzy &ndash;- le journal dessin&eacute; de la d&eacute;croissance. <strong>Paul Ari&egrave;s</strong> est politologue et d&eacute;l&eacute;gu&eacute; de l&rsquo;Observatoire international de la gratuit&eacute;. <strong>Vincent Liegey</strong> est essayiste, coauteur d&rsquo;Un Projet de d&eacute;croissance (&Eacute;ditions Utopia, 2013). Tous deux sont parrains de cette gazette militante et gratuite.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> Wed, 27 Mar 2019 23:53:12 GMT+2 Pour une réappropriation démocratique des médias http://gouzy.darkentworld.fr/art-465-Pour-une-reappropriation-democratique-des-medias http://gouzy.darkentworld.fr/art-465-Pour-une-reappropriation-democratique-des-medias <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong><img src="images/pict/art-465-1.jpg" alt="" /></strong></p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong>Pour une r&eacute;appropriation d&eacute;mocratique des m&eacute;dias</strong></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">Depuis plusieurs semaines, le mouvement des gilets jaunes bouleverse l&rsquo;agenda politique, et porte une remise en cause profonde des institutions. Les m&eacute;dias sont tout particuli&egrave;rement vis&eacute;s. Les gilets jaunes d&eacute;noncent, &agrave; juste titre bien souvent, un traitement caricatural des mobilisations : surench&egrave;re s&eacute;curitaire sur les plateaux t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s et dans certains quotidiens ; confiscation de la parole par les &eacute;ditorialistes ; disqualification de certaines revendications jug&eacute;es &laquo;irr&eacute;alistes&raquo; et appels &agrave; &laquo;dialoguer&raquo; avec le gouvernement ; ou encore d&eacute;nonciations des violences des manifestants &ndash; alors que les violences polici&egrave;res ont &eacute;t&eacute; pendant trop longtemps pass&eacute;es sous silence.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">Une telle p&eacute;dagogie de la r&eacute;signation n&rsquo;est certes pas nouvelle. D&eacute;j&agrave; lors des gr&egrave;ves de 1995, les tenanciers des grands m&eacute;dias martelaient leur sempiternel message : il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative aux r&eacute;formes lib&eacute;rales. En 2005, ils pointaient du doigt ceux qui mettaient en cause le bien-fond&eacute; des politiques europ&eacute;ennes et d&eacute;formaient la r&eacute;volte des banlieues. Plus r&eacute;cemment, lors des mobilisations contre la loi El-Khomri et les ordonnances Macron, ils d&eacute;non&ccedil;aient un code du travail soi-disant &laquo;trop &eacute;pais et illisible&raquo;. &Agrave; l&rsquo;occasion de chaque mobilisation sociale, ils se sont faits les gardiens de l&rsquo;ordre &eacute;conomique et politique.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">Ces partis pris ont contribu&eacute; &agrave; disqualifier les grands m&eacute;dias. La d&eacute;fiance &agrave; leur &eacute;gard est profonde et sans pr&eacute;c&eacute;dent. D&rsquo;autres sources d&rsquo;information sont pl&eacute;biscit&eacute;es, m&eacute;dias ind&eacute;pendants ou r&eacute;seaux sociaux. Certaines des analyses port&eacute;es depuis des d&eacute;cennies par la critique des m&eacute;dias sont r&eacute;investies largement, au-del&agrave; du mouvement des gilets jaunes. L&rsquo;emprise de quelques milliardaires sur la production de l&rsquo;information est point&eacute;e du doigt. La question des m&eacute;dias s&rsquo;impose d&eacute;sormais comme une question politique.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">La plupart des &eacute;ditorialistes et chefs de r&eacute;daction ne voient, dans cette d&eacute;fiance, qu&rsquo;une &laquo;haine des m&eacute;dias&raquo; et de la d&eacute;mocratie. Ils &eacute;ludent la responsabilit&eacute; qu&rsquo;ils portent, par leurs diatribes ou leurs choix &eacute;ditoriaux, dans l&rsquo;hostilit&eacute; qui s&rsquo;exprime contre l&rsquo;ensemble des journalistes. Une hostilit&eacute; dont les plus pr&eacute;caires (en termes de statut ou de conditions de travail) font parfois les frais, sur le terrain, en &eacute;tant injustement pris &agrave; partie ou agress&eacute;s.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">Nous pensons que la d&eacute;fiance envers les grands m&eacute;dias doit &ecirc;tre une opportunit&eacute;. Opportunit&eacute;, dans les r&eacute;dactions, de remettre en cause les orientations d&eacute;l&eacute;t&egrave;res impos&eacute;es par les directions &eacute;ditoriales, et de replacer le reportage et l&rsquo;enqu&ecirc;te au c&oelig;ur du travail journalistique. Opportunit&eacute;, dans les m&eacute;dias ind&eacute;pendants, de faire la d&eacute;monstration par l&rsquo;exemple qu&rsquo;un autre journalisme, plus exigeant et plus libre vis-&agrave;-vis des pouvoirs, est possible.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">Que nous soyons gilets jaunes, militant&middot;es, journalistes, usager&middot;es des m&eacute;dias, nous avons toutes et tous des raisons l&eacute;gitimes de contester un ordre m&eacute;diatique inique, qui maltraite le pluralisme. Et de nous inqui&eacute;ter des menaces r&eacute;elles qui p&egrave;sent sur le droit &agrave; l&rsquo;information : la mainmise de quelques milliardaires sur la plupart des m&eacute;dias, les plans de suppressions d&rsquo;emploi dans l&rsquo;audiovisuel public comme dans les groupes priv&eacute;s, la pr&eacute;carisation des journalistes statutaires ou pigistes y compris dans certains m&eacute;dias ind&eacute;pendants, la r&eacute;pression polici&egrave;re et la criminalisation qui frappent de plein fouet certains reporters et leurs sources, ou encore les lois liberticides qui visent &agrave; contr&ocirc;ler l&rsquo;information &ndash; loi sur le secret des affaires et sur les &laquo;fake news&raquo;.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">C&rsquo;est pourquoi nous affirmons qu&rsquo;il est temps de se mobiliser pour une r&eacute;appropriation d&eacute;mocratique des m&eacute;dias. Pour d&eacute;fendre le droit d&rsquo;informer et le droit &agrave; &ecirc;tre inform&eacute;, tous deux gravement menac&eacute;s. Et pour que l&rsquo;information, trop longtemps confisqu&eacute;e par les pouvoirs, devienne enfin un bien commun et non une marchandise.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong>Cette d&eacute;claration est une initiative commune :</strong></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong>D'associations, d'organisations de journalistes et de syndicats</strong>&nbsp;: Acrimed, Attac, F&eacute;d&eacute;ration Nationale de l'Audiovisuel Participatif, La Quadrature du net, Les Amis du Monde diplomatique, Profession : Pigiste, R&eacute;sistance &agrave; l&rsquo;agression publicitaire, Ritimo, SNJ-CGT, Union syndicale Solidaires.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong>De m&eacute;dias</strong>&nbsp;: Contretemps-web, CQFD, D&eacute;mosph&egrave;re Ari&egrave;ge, D&eacute;mosph&egrave;re Toulouse, Hors-S&eacute;rie, Jef Klak, L&rsquo;Alterpresse68, L&agrave;-bas si j&rsquo;y suis, La Cl&eacute; des ondes, <span style="color: #ff0000;"><strong>La Gazette de Gouzy</strong></span>, Le journal minimal, L&rsquo;Insatiable, Le M&eacute;dia, Le Ravi, MAP 36, M&eacute;diaCitoyens PACA et Rh&ocirc;ne-Alpes, Mediacoop, Radio Parleur, revue Cause commune, Ricochets, Rosalux, Silence, Transrural initiatives, TV Bruits, T&eacute;l&eacute; Mouche, TVnet Citoyenne.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong>D'organisations politiques</strong>&nbsp;: Alternative Libertaire, Ensemble, NPA, PCF, PG.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;" align="center"><strong>***</strong></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;"><strong>Premiers signataires : Alain Accardo</strong>, sociologue;&nbsp;<strong>Gilles Balbastre</strong>, r&eacute;alisateur;&nbsp;<strong>Patrick Champagne</strong>, sociologue;&nbsp;<strong>Sophie Chapelle</strong>, journaliste; <strong>Colloghan</strong>, dessinateur;&nbsp;<strong>Beno&icirc;t Collombat</strong>, journaliste;&nbsp;<strong>Jean-Baptiste Comby</strong>, sociologue;&nbsp;<strong>Annie Ernaux</strong>, &eacute;crivaine; <strong>Nina Faure</strong>, r&eacute;alisatrice; <strong>Benjamin Ferron</strong>, sociologue; <strong>Anne-Sophie Jacques</strong>, journaliste;&nbsp;<strong>Yannick Kergoat</strong>, r&eacute;alisateur;&nbsp;<strong>Henri Maler</strong>, universitaire;&nbsp;<strong>Philippe Merlant</strong>, journaliste et conf&eacute;rencier gesticulant;&nbsp;<strong>Pierre Morel</strong>, photojournaliste;&nbsp;<strong>G&eacute;rard Noiriel</strong>, historien;&nbsp;<strong>Michel Pin&ccedil;on</strong>, sociologue;&nbsp;<strong>Monique Pin&ccedil;on-Charlot</strong>, sociologue;&nbsp;<strong>Denis Robert</strong>, journaliste;&nbsp;<strong>Karim Souanef</strong>, sociologue;&nbsp;<strong>Usul</strong>, vid&eacute;aste.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="margin-bottom: 0.28cm; line-height: 108%; text-align: justify;">Vous pouvez signer la d&eacute;claration sur le site d&rsquo;Acrimed&nbsp;: <span style="color: #0563c1;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias">https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias</a></span></span></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp; <script type="text/javascript" src="&lt;a href=">// <![CDATA[ https://www.policat.org/api/js/widget/8570</a>"> // ]]></script> </p> Mon, 18 Feb 2019 10:41:49 GMT+2 À Montceau-les-Mines, les Gilets jaunes veulent « sauver la planète et sauver des emplois » http://gouzy.darkentworld.fr/art-464-A-Montceau-les-Mines-les-Gilets-jaunes-veulent-sauver-la-planete-et-sauver-des-emplois http://gouzy.darkentworld.fr/art-464-A-Montceau-les-Mines-les-Gilets-jaunes-veulent-sauver-la-planete-et-sauver-des-emplois <p><img src="https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH481/arton16461-2aa58.jpg?1547739272" alt="" /></p> <p>"&Agrave; Montceau-les-Mines, dans une r&eacute;gion qui ne se remet pas de la fin de son histoire mini&egrave;re, les Gilets jaunes font revivre les anciennes solidarit&eacute;s ouvri&egrave;res &agrave; proximit&eacute; du rond-point du Magny."</p> Sun, 20 Jan 2019 10:12:25 GMT+2 [Vidéo] Brest - 15/12/2018 : paroles d'un Gilet jaune ! http://gouzy.darkentworld.fr/video-69-Brest-15-12-2018-paroles-d_un-Gilet-jaune- http://gouzy.darkentworld.fr/video-69-Brest-15-12-2018-paroles-d_un-Gilet-jaune- <p>MACRON : "Il nous prend pour des moins que rien !"</p> <p style="display: none;"><img src="images/pict/vid-69-1.jpg" alt="" /></p> Tue, 18 Dec 2018 18:21:04 GMT+2 [Vidéo] Brest - 15/12/2018 : paroles d'une Gilet jaune ! http://gouzy.darkentworld.fr/video-68-Brest-15-12-2018-paroles-d_une-Gilet-jaune- http://gouzy.darkentworld.fr/video-68-Brest-15-12-2018-paroles-d_une-Gilet-jaune- <p>MACRON : "On lui dit que sa politique, on n'en veut pas et il continue !"</p> <p style="display: none;"><img src="images/pict/vid-68-1.jpg" alt="" /></p> Tue, 18 Dec 2018 13:19:59 GMT+2 [Vidéo] Le JTerre #2 L'Info des Vivants qui Veulent le Rester http://gouzy.darkentworld.fr/video-67-Le-JTerre-2-L_Info-des-Vivants-qui-Veulent-le-Rester http://gouzy.darkentworld.fr/video-67-Le-JTerre-2-L_Info-des-Vivants-qui-Veulent-le-Rester <p style="text-align: justify;">Le Journal de la Terre est un projet ind&eacute;pendant franco-belgo-suisse, port&eacute; par Fran&ccedil;ois Legrand (Permavenir) et F&eacute;licien Bogaerts (Le Biais Vert), avec la participation de Mr Mondialisation, La Rel&egrave;ve et la Peste, Les Parasites, Partager c'est Sympa, PositivR, Professeur Feuillage, En Vert et Contre Tout, La Barbe, Sortez tout vert et Edeni. Il s'agit d'un magazine mensuel qui reprend l&rsquo;actualit&eacute; &eacute;cologique &agrave; &eacute;chelle mondiale et donne l&rsquo;occasion aux influenceurs francophones, actifs dans ce domaine, d&rsquo;&eacute;changer au sujet de cette actualit&eacute;, de partager leurs missions communes et de f&eacute;d&eacute;rer leurs communaut&eacute;s respectives.</p> <p><img src="images/pict/vid-67-1.jpg" alt="" /></p> Sun, 09 Dec 2018 21:46:47 GMT+2 MARCHE MONDIALE POUR LE CLIMAT - POITIERS http://gouzy.darkentworld.fr/art-463-MARCHE-MONDIALE-POUR-LE-CLIMAT-POITIERS http://gouzy.darkentworld.fr/art-463-MARCHE-MONDIALE-POUR-LE-CLIMAT-POITIERS <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">&nbsp;<span style="font-size: medium;"><strong>MARCHE MONDIALE POUR LE CLIMAT</strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>&laquo; IL EST ENCORE TEMPS&hellip; MAIS C&rsquo;EST MAINTENANT ! &raquo;</strong></span></span></p> <p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">&nbsp;</span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Poitiers, samedi 8 D&eacute;cembre, </strong></span><span style="font-size: medium;">Parc de Blossac 15h</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le r&eacute;chauffement climatique est plus rapide que pr&eacute;vu. Au-del&agrave; de 1,5&deg;C, il nous pr&eacute;cipite vers des emballements irr&eacute;versibles. Pour beaucoup d&rsquo;habitant(e)s du monde, comme pour la biodiversit&eacute;, c&rsquo;est une question de vie ou de mort. <br /></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>La marche mondiale &laquo; CLIMATEALARM ! &raquo; interpelle avec force les Etats r&eacute;unis pour la conf&eacute;rence internationale (COP24) &agrave; Katowice en Pologne pour qu&rsquo;ils s&rsquo;engagent de toute urgence - et concr&egrave;tement - &agrave; r&eacute;duire radicalement nos &eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre. <br /></strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Pour une transition juste,</strong></span><span style="font-size: medium;"> nous voulons des d&eacute;cisions politiques et financi&egrave;res massives.</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pour renoncer aux &eacute;nergies fossiles, il faut une politique &eacute;nerg&eacute;tique courageuse, accompagner les agriculteurs et les salari&eacute;s dans la conversion de leur syst&egrave;me de production et financer les surco&ucirc;ts pour les personnes les plus modestes. De nombreux mouvements ont largement d&eacute;montr&eacute; que les solutions financi&egrave;res existent. La logique des choix &eacute;conomiques doit &ecirc;tre renvers&eacute;e, l'argent doit aller &agrave; la transition, pas &agrave; l'&eacute;vasion fiscale (60 milliards en France, 1 000 milliards en Europe). <br /></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Le choix des millions d'entre nous qui marchons aujourd&rsquo;hui est de provoquer un r&eacute;veil sans pr&eacute;c&eacute;dent de nos soci&eacute;t&eacute;s.</strong></span><span style="font-size: medium;"> <br /></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%; text-align: center;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><br />"CHANGEONS LE SYSTEME, PAS LE CLIMAT!"</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%; text-align: center;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>C'est une chance &agrave; saisir !</strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Partout dans le monde, des citoyens et des collectivit&eacute;s vivent au quotidien des alternatives, dans leur ville, leur entreprise, leur village. Ils exp&eacute;rimentent la convivialit&eacute;, la solidarit&eacute;, la sobri&eacute;t&eacute;, la coop&eacute;ration, l&rsquo;entraide.</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La transition &eacute;nerg&eacute;tique, c&rsquo;est une chance pour l&rsquo;emploi (18 millions en plus d&rsquo;ici 2030), pour respirer un air pur, boire une eau naturellement bonne, jouir d'une nature vivante, manger des produits sains, etc&hellip;</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Chacun, chacune, &agrave; son niveau peut agir au quotidien : </strong></span><span style="font-size: medium;">manger moins de viande et plus de bio, prendre le v&eacute;lo ou le bus certains jours, planter des arbres, isoler son logement, faire un jardin, r&eacute;parer, recycler, etc&hellip; On peut se lancer des petits d&eacute;fis pour avancer par &eacute;tapes !</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">C&rsquo;est bon pour le climat, notre sant&eacute; et notre porte-monnaie,&nbsp; mais &ccedil;a ne suffit pas&hellip;.</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Ensemble, nous pouvons passer &agrave; la vitesse sup&eacute;rieure pour une soci&eacute;t&eacute; plus juste et &eacute;conome en ressources !</strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&middot;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="font-size: medium;"><strong>Demandons des comptes &agrave; nos &eacute;lus : </strong></span><span style="font-size: medium;">protection des ressources en eau (un bien commun) comme le captage de Fleury &agrave; Grand Poitiers, halte aux projets de bassines dans la Vienne au profit d'une agriculture productiviste, plan v&eacute;lo, accueil des migrants... </span><span style="font-size: medium;"><strong>Des collectifs citoyens se mobilisent, rejoignons les ! <br /></strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&middot;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="font-size: medium;"><strong>R&eacute;sistons aux projets nuisibles pour le climat, </strong></span><span style="font-size: medium;">comme l&rsquo;exploitation des &eacute;nergies fossiles, la d&eacute;forestation, l&rsquo;agriculture intensive en pesticides, le transport des marchandises sur route, la cr&eacute;ation d'autoroute, etc &hellip; et &agrave; leur financement par les banques. Des associations appellent &agrave; des actions de blocage et de d&eacute;sob&eacute;issance civile pour dire STOP. </span><span style="font-size: medium;"><strong>Engageons-nous avec elles!</strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&middot;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="font-size: medium;"><strong>Servons-nous de notre pouvoir de consommateur</strong></span><span style="font-size: medium;"> pour boycotter les produits nocifs, inutiles, &eacute;nergivores, etc&hellip;et choisissons de consommer local.</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">&middot;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="font-size: medium;"><strong>Invitons-nous dans les politiques locales de la transition : </strong></span><span style="font-size: medium;">Grand Poitiers, comme chaque territoire en France, &eacute;labore actuellement son </span><span style="font-size: medium;"><strong>Plan Climat-Air-&Eacute;nergie Territorial</strong></span><span style="font-size: medium;"> (PCAET) pour r&eacute;duire nos &eacute;missions de GES. Nous appelons toutes les associations locales et chaque citoyen &agrave; une forte mobilisation autour de ce Plan Climat, pour enclencher, avec nos &eacute;lus, une m&eacute;tamorphose ambitieuse de notre territoire.</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Partout dans le monde, nous marchons pour rappeler l&rsquo;alerte rouge climatique, affirmer dans quel monde nous voulons vivre et prendre en main l&rsquo;avenir de notre territoire ! <br /></strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Alternatiba Poitiers</strong></span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">@ : alternatibapoitiers@gmail.com</span></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Site : </span><a href="https://alternatiba.eu/poitiers/"><span style="color: #0000ff;"><span style="font-size: medium;"><span style="text-decoration: underline;">https://alternatiba.eu/poitiers/</span></span></span></a></span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Facebook : AlternatibaTour86</span></span></p> <p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">&nbsp;</span></p> <p><strong><span style="font-size: medium;">Premi&egrave;res organisations signataires :</span></strong></p> <p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">&nbsp;</span></p> <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Alternatiba Poitiers, ANV (</span><span style="font-size: medium;">Action Non Violente</span><span style="font-size: medium;">)</span><span style="font-size: medium;">-Cop21-</span><span style="font-size: medium;">Poitiers</span><span style="font-size: medium;">, ATTAC </span><span style="font-size: medium;">86</span><span style="font-size: medium;">, Greenpeace </span><span style="font-size: medium;">France/groupe local de Poitiers</span><span style="font-size: medium;">, </span><span style="font-size: medium;">Vienne Nature</span><span style="font-size: medium;">, </span><span style="font-size: medium;">Poitou Energie Citoyenne</span><span style="font-size: medium;">, </span><span style="font-size: medium;">La Gazette de Gouzy, AMAP Les Grand&rsquo;Goules</span></span></p> <p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">&nbsp;<br /></span></p> <p><a style="border: 1px solid #999; padding: 1px; display: inline-block;" href="http://lagazettedegouzy.fr/files/1544142050_Flyer%20marche%20mondiale%20081218%20pour%20web.pdf"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><img src="images/pict/art-463-1.jpg" alt="" width="290" /></span></a>&nbsp; <a style="border: 1px solid #999; padding: 1px; display: inline-block;" href="http://lagazettedegouzy.fr/files/1544142104_Marche mondiale pour le climat 8 d&eacute;cembre D&eacute;f.pdf"><img src="https://lagazettedegouzy.fr/files/1544142281_Marche%20mondiale%20pour%20le%20climat%208%20d%C3%A9cembre%20D%C3%A9f.jpg" alt="" width="290" /><br /></a></p> Thu, 06 Dec 2018 19:06:31 GMT+2 [Vidéo] Le JTerre #1 L'Info des Vivants qui Veulent le Rester http://gouzy.darkentworld.fr/video-66-Le-JTerre-1-L_Info-des-Vivants-qui-Veulent-le-Rester http://gouzy.darkentworld.fr/video-66-Le-JTerre-1-L_Info-des-Vivants-qui-Veulent-le-Rester <p style="text-align: justify;">Le Journal de la Terre est un projet ind&eacute;pendant franco-belgo-suisse, port&eacute; par Fran&ccedil;ois Legrand (Permavenir) et F&eacute;licien Bogaerts (Le Biais Vert), avec la participation de Mr Mondialisation, La Rel&egrave;ve et la Peste, Les Parasites, Partager c'est Sympa, PositivR, Professeur Feuillage, En Vert et Contre Tout, La Barbe, Sortez tout vert et Edeni. Il s'agit d'un magazine mensuel qui reprend l&rsquo;actualit&eacute; &eacute;cologique &agrave; &eacute;chelle mondiale et donne l&rsquo;occasion aux influenceurs francophones, actifs dans ce domaine, d&rsquo;&eacute;changer au sujet de cette actualit&eacute;, de partager leurs missions communes et de f&eacute;d&eacute;rer leurs communaut&eacute;s respectives.</p> <p><img src="images/pict/vid-66-1.jpg" alt="" /></p> Sun, 02 Dec 2018 16:23:21 GMT+2 Fabrice Nicolino : « Notre revendication est élémentaire, on ne veut plus être empoisonnés » par les pesticides http://gouzy.darkentworld.fr/art-462-Fabrice-Nicolino-Notre-revendication-est-elementaire-on-ne-veut-plus-etre-empoisonnes-par-les-pesticides http://gouzy.darkentworld.fr/art-462-Fabrice-Nicolino-Notre-revendication-est-elementaire-on-ne-veut-plus-etre-empoisonnes-par-les-pesticides <p style="text-align: justify;"><strong><img src="images/pict/art-462-1.jpg" alt="" /></strong></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Le 12 septembre dernier, un Appel r&eacute;clamant l&rsquo;interdiction de tous les pesticides chimiques de synth&egrave;se a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;, avec une liste de 100 premiers signataires. V&eacute;ritable invitation &agrave; l&rsquo;action, l&rsquo;Appel &laquo;Nous voulons des coquelicots&nbsp;&raquo;<sup>1</sup> s&rsquo;accompagne de rassemblements chaque mois devant les mairies de France. Le journaliste Fabrice Nicolino, &agrave; l&rsquo;origine de l&rsquo;Appel, a accept&eacute; de r&eacute;pondre aux questions de La Gazette de Gouzy. L&rsquo;occasion de revenir &eacute;galement sur les enjeux de la &laquo;&nbsp;transition &eacute;cologique&nbsp;&raquo;. Entretien.</strong></p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong><em>La Gazette de Gouzy&nbsp;:</em> Quel est le sens de cet Appel&nbsp;?</strong><br /><br /><em><strong>Fabrice Nicolino&nbsp;:</strong></em> Tout est parti d&rsquo;un bilan catastrophique. Il n&rsquo;y a pas de certitudes &agrave; 100&nbsp;% mais, d&rsquo;un point de vue scientifique, tout porte &agrave; croire que les pesticides sont responsables de la disparition extraordinaire des oiseaux. C&rsquo;est confirm&eacute; par d&rsquo;autres &eacute;tudes, notamment en Allemagne, sur les insectes. Vous imaginez bien que si les insectes disparaissent, un grand nombre d&rsquo;oiseaux insectivores disparaissent aussi parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus rien &agrave; manger. C&rsquo;est vrai aussi pour les papillons. D&rsquo;autres &eacute;tudes montrent &eacute;galement que la moiti&eacute; des papillons ont disparu en 20 ans. Ce sont un peu des images d&rsquo;apocalypses, il faut bien le dire, en France o&ugrave; personne n&rsquo;y pr&ecirc;te trop d&rsquo;importance, mais les chiffres sont clairs. On est face, vraiment, &agrave; une grosse grosse grosse catastrophe qui modifie compl&egrave;tement l&rsquo;image de la France. Ce pays auquel on &eacute;tait habitu&eacute; est en train de dispara&icirc;tre sous nos yeux et les gens de plus de 40 ans se souviennent forc&eacute;ment de l&rsquo;&eacute;poque o&ugrave;, quand on traversait la France en bagnole, on avait des insectes coll&eacute;s au pare-brise et on s&rsquo;arr&ecirc;tait pour nettoyer. &Ccedil;a a compl&egrave;tement disparu. On peut pratiquement traverser la France d&rsquo;un bout &agrave; l&rsquo;autre sans nettoyer son pare-brise. Donc, on est vraiment face &agrave; quelque chose d&rsquo;inou&iuml; et par ailleurs, on sait par d&rsquo;autres &eacute;tudes que des maladies graves se r&eacute;pandent chez les humains. Bien s&ucirc;r, les pesticides ne sont pas responsables de tout mais ils contribuent tout de m&ecirc;me &agrave; une aggravation de la sant&eacute; du public en France avec certains cas de maladies de Parkinson qui sont &agrave; coup s&ucirc;r li&eacute;s &agrave; une exposition aux pesticides, des cancers&hellip; En fait, le bilan est vraiment catastrophique et ce n&rsquo;est pas le bilan d&rsquo;&eacute;cologistes. C&rsquo;est celui de gens qui s&rsquo;informent, qui se renseignent et qui font confiance aux &eacute;tudes scientifiques ind&eacute;pendantes. <br /><br />Notre Appel est n&eacute; de ce constat l&agrave; et puis de l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on se fait balader depuis si longtemps. Il y a vraiment un lobby des pesticides extr&ecirc;mement puissant en France. Avec Fran&ccedil;ois Veillerette, nous avons sorti un livre pour accompagner la campagne des coquelicots, qui s&rsquo;appelle justement &laquo;&nbsp;Nous voulons des coquelicots&nbsp;&raquo;. Dans ce livre, nous racontons l&rsquo;histoire et la fa&ccedil;on dont le lobby des pesticides s&rsquo;est enracin&eacute; en France, comment il est n&eacute; apr&egrave;s guerre, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque avec des intentions plut&ocirc;t bonnes. Ces gens l&agrave; pensaient qu&rsquo;avec l&rsquo;apparition des nouveaux pesticides de synth&egrave;se, comme par exemple le DDT, on allait venir &agrave; bout de quantit&eacute; de ravageurs de r&eacute;coltes, de champignons, de petits insectes&hellip; Ils sont partis avec ces intentions l&agrave; mais on s&rsquo;est rendu compte, un peu moins de 20 ans apr&egrave;s, que les pesticides &eacute;taient neurotoxiques pour tout ce qui est vivant, grosso modo autour de la parution du livre de l&rsquo;am&eacute;ricaine Rachel Carson &laquo;&nbsp;Le printemps silencieux&nbsp;&raquo;. En 1962, cette dame publie un livre aux &Eacute;tats-Unis [sous le titre original &laquo;&nbsp;Silent Spring&nbsp;&raquo;] qui est traduit l&rsquo;ann&eacute;e suivante en France. Elle y raconte d&rsquo;un point de vue scientifique, en en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;avis de tr&egrave;s grands scientifiques, la v&eacute;ritable histoire des pesticides. Elle montre pour la premi&egrave;re fois au monde que les pesticides s&rsquo;attaquent &agrave; tout ce qui est vivant. &Agrave; ce moment l&agrave;, il aurait &eacute;t&eacute; encore possible, sur le papier, de faire machine arri&egrave;re et de se dire &laquo;&nbsp;bon bah, on s&rsquo;est tromp&eacute;s, de bonne foi. On croyait bien faire et puis voil&agrave;, il se trouve que ces produits sont dangereux&nbsp;&raquo;. <br /><br />Cependant, l&rsquo;industrie ne fonctionne pas comme cela. Elle a ses chiffres d&rsquo;affaire &agrave; d&eacute;fendre. L&rsquo;industrie des pesticides n&rsquo;a pas fait machine arri&egrave;re et tout au contraire, a essay&eacute; d&rsquo;entrer dans une campagne, qui dure jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui, de d&eacute;nigrement des scientifiques ind&eacute;pendants, de d&eacute;sinformation, de mensonges et d&rsquo;organisation tr&egrave;s &eacute;labor&eacute;e de ce qu&rsquo;on appelle &laquo;&nbsp;la strat&eacute;gie du doute&nbsp;&raquo;. Elle cr&eacute;e des esp&egrave;ces d&rsquo;&eacute;cran de fum&eacute;e pour parler d&rsquo;autre chose ou bien pour mettre en doute ce qui est prouv&eacute; par des &eacute;tudes scientifiques. On est face aujourd&rsquo;hui &agrave; une industrie qui est devenue vraiment folle et criminelle&nbsp;! Elle ne veut plus entendre raison et est tr&egrave;s soutenue en France par le minist&egrave;re de l&rsquo;agriculture, en particulier parce que l&rsquo;industrie des pesticides a partie li&eacute;e avec le grand syndicat agricole, la FNSEA [F&eacute;d&eacute;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles]. Cela cr&eacute;e une sorte de conglom&eacute;rat qu&rsquo;il est tr&egrave;s tr&egrave;s difficile de combattre, parce que tous les pouvoirs officiels, la FNSEA, l&rsquo;industrie et certains scientifiques qui marchent pour l&rsquo;industrie, tentent d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment de cacher la v&eacute;rit&eacute;. Grosso modo, la v&eacute;rit&eacute;, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a vraiment une sorte d&rsquo;h&eacute;catombe des formes de vie en France et c&rsquo;est pourquoi, on s&rsquo;est dit que ce n&rsquo;est plus la peine de tergiverser. Quand on arrive &agrave; obtenir, apr&egrave;s 10 ans de combat, l&rsquo;interdiction d&rsquo;un pesticide, il y en a d&eacute;j&agrave; deux, trois, parfois dix nouveaux sur le march&eacute;, qui l&rsquo;ont remplac&eacute; et qui pr&eacute;sentent eux-m&ecirc;mes des probl&egrave;mes de toxicit&eacute; importants. Donc, on s&rsquo;est dit qu&rsquo;il fallait prendre le probl&egrave;me &agrave; la racine et demander l&rsquo;interdiction d&eacute;finitive de tous les pesticides de synth&egrave;se parce qu&rsquo;ils sont trop dangereux, tout simplement. Il y a des combinaisons chimiques entre diff&eacute;rents pesticides qui forment des esp&egrave;ces de cocktails dont on ne sait presque rien. La logique, c&rsquo;est donc d&rsquo;interdire les pesticides. Les humains se sont pass&eacute;s de pesticides chimiques pendant des millions d&rsquo;ann&eacute;es alors que depuis 70 ans, on les utilise massivement et de mani&egrave;re compl&egrave;tement folle. Il faut &agrave; pr&eacute;sent revenir &agrave; la raison. Il importe de refermer aussi vite que possible cette tr&egrave;s tr&egrave;s mauvaise parenth&egrave;se et de repenser l&rsquo;activit&eacute; agricole, l&rsquo;usage des sols&hellip; En fait, il y a une revendication totalement &eacute;l&eacute;mentaire, qui est juste de dire que l&rsquo;on ne veut plus &ecirc;tre empoisonn&eacute;s.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="images/pict/art-462-2.jpg" alt="" /><br /><br /><strong>Et du coup, vous lancez une mobilisation qui pourrait durer deux ans. Pourquoi deux ans&nbsp;?</strong><br /><br />Elle durera peut-&ecirc;tre plus longtemps, mais elle va durer au minimum deux ans parce qu&rsquo;on se dit qu&rsquo;il faut r&eacute;unir beaucoup de forces. On veut r&eacute;unir 5 millions de signatures, 5 millions de soutiens &agrave; notre Appel. On pense qu&rsquo;il est n&eacute;cessaire de montrer que l&rsquo;opinion en France est contre les pesticides. Si on y parvient, on pourra parler haut et clair et on pourra par exemple, c&rsquo;est une id&eacute;e personnelle, exiger un r&eacute;f&eacute;rendum national sur le sujet. C&rsquo;est une course de fond et il ne faut pas l&acirc;cher. On se retrouve tous les mois, le premier vendredi de chaque mois, devant les mairies. Le prochain rendez-vous, c&rsquo;est le 7 d&eacute;cembre &agrave; 18h30 devant les mairies. Nous avons &eacute;t&eacute; tr&egrave;s surpris de l&rsquo;importance du soutien &agrave; &laquo;&nbsp;L&rsquo;Appel des coquelicots&nbsp;&raquo;, puisque d&egrave;s le 5 octobre, soit 3 semaines apr&egrave;s avoir publi&eacute; l&rsquo;Appel, il y a eu 500 rassemblements en France. C&rsquo;est colossal, tr&egrave;s consid&eacute;rable. Le 2 novembre, en pleines vacances de la Toussaint, on a par ailleurs eu la grande surprise de voir 647 rassemblements en France. Nous attendons maintenant avec impatience les rendez-vous du 7 d&eacute;cembre. C&rsquo;est vraiment un mouvement qui s&rsquo;enracine en France. Plein de questions ne sont pas r&eacute;gl&eacute;es, &ccedil;a c&rsquo;est s&ucirc;r, mais en tout cas on a lanc&eacute; cette initiative qui est une sorte de souffle lib&eacute;rateur en France et je crois que &ccedil;a va durer. <br /><br /><strong>Vous avez lanc&eacute;, vous l&rsquo;avez dit, un objectif de 5 millions de signatures et vous pr&eacute;cisez bien que cela n&rsquo;est pas une p&eacute;tition&hellip;</strong><br /><br />Non, ce n&rsquo;est pas du tout une p&eacute;tition. Une p&eacute;tition, c&rsquo;est quelque chose de st&eacute;rile pour moi. Une p&eacute;tition, &ccedil;a donne bonne conscience. Vous donnez votre signature et puis vous tournez les talons et vous passez &agrave; autre chose. &Ccedil;a, ce n&rsquo;est pas du tout notre d&eacute;marche. C&rsquo;est un Appel &agrave; l&rsquo;action de longue dur&eacute;e, sur deux ans, et on demande aux gens qui nous soutiennent de le montrer, par des actions aussi petites soient-elles. L&rsquo;important, c&rsquo;est que ces actions soient l&agrave; et que les gens agissent, non pas derri&egrave;re un &eacute;cran d&rsquo;ordinateur mais dans la r&eacute;alit&eacute;, en se retrouvant. On va assister &agrave; une mont&eacute;e d&rsquo;initiatives concr&egrave;tes et r&eacute;elles. On n&rsquo;est plus dans le virtuel. On n&rsquo;est plus dans la signature et puis on passe &agrave; autre chose. Non, l&agrave; on s&rsquo;engage &agrave; agir ensemble. C&rsquo;est vraiment une autre mani&egrave;re de consid&eacute;rer les choses. Les engagements virtuels, personnellement j&rsquo;en ai compl&egrave;tement marre, c&rsquo;est-&agrave;-dire cette fa&ccedil;on d&eacute;glingu&eacute;e de cliquer sur son clavier d&rsquo;ordinateur et de ne pas se sentir plus concern&eacute; que &ccedil;a. &Ccedil;a, &ccedil;a ne va pas. Il faut montrer de l&rsquo;action r&eacute;elle et c&rsquo;est &ccedil;a &laquo;&nbsp;L&rsquo;Appel des coquelicots&nbsp;&raquo;.<br /><br /><strong>Vous affirmez que c&rsquo;est vraiment d&eacute;sormais &laquo;&nbsp;la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;&raquo; qui parle. Du coup, cela signifie qu&rsquo;aucune alliance n&rsquo;est possible aujourd&rsquo;hui avec un parti politique quel qu&rsquo;il soit&nbsp;?</strong><br /><br />Hol&agrave;, non, attendez. L&rsquo;appel, il est n&eacute; aussi d&rsquo;une exasp&eacute;ration devant le silence des politiques et devant leur complicit&eacute;. Depuis 40 ans, on a vu se succ&eacute;der en France des &eacute;quipes de droite et de gauche. Toutes les &eacute;quipes, toutes, ont soutenu l&rsquo;industrie des pesticides. Il n&rsquo;y en a pas une seule qui ait os&eacute; affronter le lobby des pesticides donc on n&rsquo;a aucune raison de faire confiance aux pouvoirs politiques. On n&rsquo;a pas confiance. Notre Appel, c&rsquo;est un appel d&rsquo;humains. Ce n&rsquo;est pas un appel qui se situe sur un axe politique. Ce n&rsquo;est pas un appel d&rsquo;&eacute;cologistes. C&rsquo;est un appel d&rsquo;humains adress&eacute; &agrave; d&rsquo;autres humains. Tout le monde peut et doit signer notre Appel, mais on ne rentre pas dans le champs politique. On ne passe aucun accord avec aucun parti politique, ni aujourd&rsquo;hui, ni demain, ni jamais. &Ccedil;a, c&rsquo;est clair.<br /><br /><strong>La France envisage l&rsquo;interdiction du glyphosate d&rsquo;ici la fin 2020/d&eacute;but 2021 ou, pour reprendre les mots d&rsquo;Emmanuel Macron, &laquo;&nbsp;d&egrave;s que des alternatives auront &eacute;t&eacute; trouv&eacute;es&nbsp;&raquo;. Vous, au contraire, vous refusez d&rsquo;entrer dans ce d&eacute;bat des alternatives&hellip;</strong><br /><br />Franchement, je vais &ecirc;tre un peu incorrect, c&rsquo;est de la connerie. C&rsquo;est de la d&eacute;magogie. &Ccedil;a ne veut rien dire. C&rsquo;est un discours qu&rsquo;on entend depuis des d&eacute;cennies. En 2008, le pr&eacute;sident de l&rsquo;&eacute;poque, Nicolas Sarkozy, a lanc&eacute; &agrave; grands sons de trompes, un plan dit &laquo;&nbsp;Ecophyto&nbsp;&raquo;. Des centaines de millions d&rsquo;euros publics ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pens&eacute;s, en vain. Le plan &laquo;&nbsp;Ecophyto&nbsp;&raquo; visait &agrave; r&eacute;duire de moiti&eacute; l&rsquo;usage des pesticides en France. Le plan &laquo;&nbsp;Ecophyto&nbsp;&raquo; a co&ucirc;t&eacute; des centaines de millions d&rsquo;euros et j&rsquo;aimerais bien savoir &agrave; quoi et &agrave; qui cela a servi, parce qu&rsquo;au bout de 6 ans, l&rsquo;usage des pesticides n&rsquo;a pas diminu&eacute; de 50&nbsp;% mais a, au contraire, augment&eacute; de 20&nbsp;%. Ce fut un &eacute;chec, un d&eacute;sastre total et l&agrave;, &agrave; nouveau, on nous joue la m&ecirc;me com&eacute;die. Le probl&egrave;me, c&rsquo;est que le gouvernement actuel soutient l&rsquo;industrie des pesticides, soutient l&rsquo;agriculture industrielle et cherche &agrave; gagner du temps. Le glyphosate sera probablement interdit mais on s&rsquo;en fout. Ce n&rsquo;est pas du tout le sujet. Moi, je sais parfaitement que quand un produit est &eacute;limin&eacute;, au bout de 10 ans, 15 ans, 20 ans parfois, il y a d&rsquo;autres produits en place qui ont des effets redoutables de toxicit&eacute;. Il faut se rappeler que le DDT a &eacute;t&eacute; interdit en France en 1972, il y a donc 46 ans et on retrouve encore du DDT dans les analyses de cheveux des gens. C&rsquo;est le syst&egrave;me lui-m&ecirc;me qui produit des poisons et qui veut &agrave; tout prix les vendre, les vendre et les vendre. Dans 91&nbsp;% des pr&eacute;l&egrave;vements r&eacute;alis&eacute;s chaque ann&eacute;e dans les eaux de surface, les rivi&egrave;res notamment, on retrouve des pesticides. On en retrouve dans les deux tiers des grandes nappes d&rsquo;eau souterraines. Donc, interdire le glyphosate ou pas, j&rsquo;en ai rien &agrave; foutre&nbsp;! Je le dis tr&egrave;s calmement, cela ne m&rsquo;int&eacute;resse pas. Je ne me sens pas concern&eacute; par &ccedil;a, parce que je sais que c&rsquo;est une supercherie. Certains pensent peut-&ecirc;tre que c&rsquo;est une bonne chose et je respecte leur point de vue, mais je leur dis qu&rsquo;ils se trompent totalement. Cela ne servira &agrave; rien. C&rsquo;est le syst&egrave;me qu&rsquo;il faut d&eacute;truire, ce n&rsquo;est pas tel ou tel produit, tel ou tel pesticide.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="images/pict/art-462-3.jpg" alt="" /><br /><br /></p> <p style="text-align: justify;"><strong>Une id&eacute;e en vogue dans la mouvance de l'&eacute;cologie politique est que la transition &eacute;cologique est d&eacute;j&agrave; en marche. On retrouve par exemple cette id&eacute;e dans le film de Marie-Monique Robin<sup>2</sup>, &laquo;&nbsp;Sacr&eacute;e croissance&nbsp;!&nbsp;&raquo;, o&ugrave; elle d&eacute;fend la th&egrave;se selon laquelle de nombreuses alternatives iraient aujourd&rsquo;hui dans le sens d&rsquo;une transition vers une soci&eacute;t&eacute; post-croissance. Alors, la transition &eacute;cologique est-elle bien d&eacute;j&agrave; en marche&nbsp;?</strong><br /><br />Non, &eacute;videmment que non, elle n&rsquo;est pas du tout en route. &Ccedil;a me para&icirc;t compl&egrave;tement absurde de voir les choses de la sorte. Par quelle esp&egrave;ce de miracle, la transition &eacute;cologique pourrait-elle &ecirc;tre en marche, &eacute;tant entendu qu&rsquo;il y a un accord des forces politiques existantes pour continuer &agrave; aller dans la m&ecirc;me direction. Il n&rsquo;y a aucune mise en cause. Oui, il y a des paroles, des paroles, il y en a des centaines et des milliers. Vous savez comme moi que Macron a &eacute;t&eacute; sacr&eacute; &laquo;&nbsp;champion de la terre&nbsp;&raquo;<sup>3</sup>, mais tout &ccedil;a c&rsquo;est juste de la parole. Ce sont des paroles que l&rsquo;on entend davantage aujourd&rsquo;hui, mais que l&rsquo;on a d&eacute;j&agrave; entendu pendant des d&eacute;cennies. Souvenez-vous du fameux &laquo;&nbsp;Grenelle de l&rsquo;environnement en 2007&nbsp;&raquo; qui promettait &agrave; la France une r&eacute;volution &eacute;cologique, rien de moins&nbsp;! Au bout d&rsquo;un an, Sarkozy change pourtant d&rsquo;avis et d&eacute;clare au Salon de l&rsquo;Agriculture, l&rsquo;environnement &laquo;&nbsp;&ccedil;a commence &agrave; bien faire&nbsp;&raquo;. La fa&ccedil;on de voir des politiciens n&rsquo;a absolument pas chang&eacute;. En ce moment, par exemple, il y a des gr&eacute;vistes de la faim &agrave; Strasbourg pour essayer d&rsquo;emp&ecirc;cher la construction d&rsquo;une autoroute urbaine d&rsquo;une vingtaine de kilom&egrave;tres. Cela va compl&egrave;tement &agrave; l&rsquo;encontre des propos qui sont tenus. On n&rsquo;a pas arr&ecirc;t&eacute; le projet d&rsquo;a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes pour des raisons &eacute;cologiques. Les forces politiques sont d&rsquo;accord pour des autoroutes, des centrales nucl&eacute;aires, des a&eacute;roports, la production de biens mat&eacute;riels, ainsi que pour des trait&eacute;s commerciaux qui d&eacute;truisent la plan&egrave;te&hellip; C&rsquo;est vraiment le moteur &agrave; explosion de la crise climatique, donc transition &eacute;cologique, bien s&ucirc;r que non. Ce gouvernement et tant d&rsquo;autres et m&ecirc;me des &eacute;cologistes officiels, vantent le mod&egrave;le de la voiture &eacute;lectrique comme symbole d&rsquo;une transition &eacute;nerg&eacute;tique. Mais qu&rsquo;est-ce que cette farce&nbsp;? La voiture &eacute;lectrique marche &agrave; l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par d&eacute;finition. Or en France, 75&nbsp;% de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, c&rsquo;est du nucl&eacute;aire. D&rsquo;autre part, la voiture &eacute;lectrique repose sur des quantit&eacute;s consid&eacute;rables de m&eacute;taux pr&eacute;cieux et de terres rares. Aucun politique ne sugg&egrave;re, ne propose ni n&rsquo;envisage de rompre avec ce monde de la bagnole. Pas une seule force politique, que ce soient les Insoumis ou d&rsquo;autres, ne met en cause la bagnole. Je relisais il y a peu l&rsquo;esp&egrave;ce de cri de col&egrave;re de Ren&eacute; Dumont, le candidat &eacute;cologiste &agrave; l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 1974, contre la bagnole. Aujourd&rsquo;hui, on n&rsquo;ose m&ecirc;me plus s&rsquo;attaquer au Dieu bagnole qui est quand m&ecirc;me un symbole extr&ecirc;mement puissant et convaincant de la crise &eacute;cologique dans laquelle nous sommes plong&eacute;s.<br /><br /><strong>Mais est-ce que vous ne pensez pas, &agrave; l&rsquo;instar de la r&eacute;alisatrice Marie-Monique Robin, qu&rsquo;il y a aujourd&rsquo;hui des alternatives citoyennes, dans des domaines aussi vari&eacute;s que les monnaies locales, la relocalisation alimentaire&hellip; qui vont dans le sens d&rsquo;une transition &eacute;cologique&nbsp;?</strong><br /><br />Je soutiens tous ceux qui se battent et qui cr&eacute;ent de nouvelles formes d&rsquo;organisation, mais ce n&rsquo;est pas de nature &agrave; inverser le courant. Le probl&egrave;me, c&rsquo;est que personne ne semble &ecirc;tre capable de penser le changement politique et de dire ce que serait un changement politique permettant enfin d&rsquo;affronter la question &eacute;cologique. Personne ne se pose la question. Tout le monde semble croire qu&rsquo;en additionnant des petits pas, on arrivera &agrave; de grands changements. Je n&rsquo;y crois pas une seule seconde. Je pense, pour ma part, que l&rsquo;une des priorit&eacute;s, c&rsquo;est d&rsquo;&ecirc;tre capable de penser le changement. Au plan des id&eacute;es et des paroles, tout le monde est d&rsquo;accord pour dire qu&rsquo;il faut de grands changements, mais &ccedil;a veut dire quoi de grands changements&nbsp;? &Ccedil;a veut dire attendre que les &eacute;lections approchent&nbsp;? Les discours qui font croire que nous sommes sur une bonne route m&rsquo;insupportent, parce que ce n&rsquo;est pas le cas. Ce n&rsquo;est pas un discours de d&eacute;sespoir. Moi, je plaide pour la clart&eacute; et pour qu&rsquo;il y ait une grande r&eacute;flexion nationale et m&ecirc;me mondiale, pour savoir comment on sort de cette soci&eacute;t&eacute; dont le mod&egrave;le social et &eacute;conomique est fond&eacute; sur la destruction de tous les &eacute;quilibres naturels, car c&rsquo;est &ccedil;a dont il s&rsquo;agit. Nos modes de production et de consommation des objets dans ce monde, en France comme ailleurs, concourent puissamment &agrave; la destruction des &eacute;quilibres naturels. Les animaux disparaissent &agrave; un rythme compl&egrave;tement dingue. Le d&eacute;r&egrave;glement climatique risque de rendre inhabitable des zones enti&egrave;res de la plan&egrave;te. Quand on est en face de ph&eacute;nom&egrave;nes de cette sorte, on ne peut rester assis sur une chaise en pr&eacute;tendant que la transition &eacute;cologique est en route. C&rsquo;est ridicule.<br /><br />Propos recueillis par Gwenha&euml;l Blorville le 12 novembre 2018.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: left;"><span style="color: #808080;">___________________________</span></p> <p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><strong>Notes</strong></span></p> <p><span style="font-size: small;">[1] <a href="https://nousvoulonsdescoquelicots.org/&Acirc;&nbsp;">https://nousvoulonsdescoquelicots.org/&nbsp;</a> </span></p> <p><span style="font-size: small;">[2] La r&eacute;alisatrice Marie-Monique Robin a r&eacute;alis&eacute; de nombreux films documentaires engag&eacute;s, parmi lesquels&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le Monde selon Monsanto&nbsp;&raquo; (2008), &laquo;&nbsp;Les Moissons du futur&nbsp;&raquo; (2012), &laquo;&nbsp;Sacr&eacute;e croissance&nbsp;!&nbsp;&raquo; (2014), &laquo;&nbsp;Le Roundup face &agrave; ses juges&nbsp;&raquo; (2017)...</span></p> <p><span style="font-size: small;">[3] Le 26 septembre 2018, Emmanuel Macron s&rsquo;est vu d&eacute;cerner le titre de &laquo;&nbsp;Champion de la Terre&nbsp;&raquo; par le Programme des Nations Unies pour l&rsquo;Environnement (PNUE), &agrave; l&rsquo;issue du One Planet Summit de New York, un sommet international sur le climat en marge de l&rsquo;ONU.</span></p> Mon, 26 Nov 2018 22:02:48 GMT+2 Nous voulons des coquelicots http://gouzy.darkentworld.fr/art-461-Nous-voulons-des-coquelicots http://gouzy.darkentworld.fr/art-461-Nous-voulons-des-coquelicots <h3 style="text-align: justify;"><img src="images/pict/art-461-1.jpg" alt="" /></h3> <h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: 16px;">Appel pour l&rsquo;interdiction de tous les pesticides de synth&egrave;se</span></h3> <p style="text-align: justify;">Les pesticides sont des poisons qui d&eacute;truisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l&rsquo;eau de pluie, dans la ros&eacute;e du matin, dans le nectar des fleurs et l&rsquo;estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-n&eacute;s, dans le nid des oiseaux, dans le lait des m&egrave;res, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une trag&eacute;die pour la sant&eacute;. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilit&eacute;s, des malformations &agrave; la naissance. L&rsquo;exposition aux pesticides est sous-estim&eacute;e par un syst&egrave;me devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.</p> <p style="text-align: justify;">Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est d&eacute;figur&eacute;e. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moiti&eacute; des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme &eacute;vanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s&rsquo;efface est le n&ocirc;tre et chaque couleur qui succombe, chaque lumi&egrave;re qui s&rsquo;&eacute;teint est une douleur d&eacute;finitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beaut&eacute; du monde !<br /> Non, nous ne voulons plus. &Agrave; aucun prix. Nous exigeons protection.</p> <p style="text-align: justify;">Nous exigeons de nos gouvernants l&rsquo;interdiction de tous les pesticides de synth&egrave;se en France. Assez de discours, des actes.</p> <p class="info" style="text-align: justify;"><strong>&Agrave; la Gazette de Gouzy, <span style="color: #ff0000;">nous voulons nous aussi des coquelicots !</span></strong><br /><br />Nous soutenons donc l'initiative et r&eacute;pondons &agrave; l'appel !</p> <p>Retrouvez l'appel sur le site : <a href="https://nousvoulonsdescoquelicots.org/"><span style="color: #ff0000;"><strong>https://nousvoulonsdescoquelicots.org/</strong></span></a></p> <p>&nbsp;</p> Mon, 19 Nov 2018 23:02:35 GMT+2