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Fabrice Nicolino : « Notre revendication est élémentaire, on ne veut plus être empoisonnés » par les pesticides

le 28/11/2018 à 10:22 dans Les interviews, modifié

 

Le 12 septembre dernier, un Appel réclamant l’interdiction de tous les pesticides chimiques de synthèse a été lancé, avec une liste de 100 premiers signataires. Véritable invitation à l’action, l’Appel «Nous voulons des coquelicots »1 s’accompagne de rassemblements chaque mois devant les mairies de France. Le journaliste Fabrice Nicolino, à l’origine de l’Appel, a accepté de répondre aux questions de La Gazette de Gouzy. L’occasion de revenir également sur les enjeux de la « transition écologique ». Entretien.


La Gazette de Gouzy : Quel est le sens de cet Appel ?

Fabrice Nicolino : Tout est parti d’un bilan catastrophique. Il n’y a pas de certitudes à 100 % mais, d’un point de vue scientifique, tout porte à croire que les pesticides sont responsables de la disparition extraordinaire des oiseaux. C’est confirmé par d’autres études, notamment en Allemagne, sur les insectes. Vous imaginez bien que si les insectes disparaissent, un grand nombre d’oiseaux insectivores disparaissent aussi parce qu’ils n’ont plus rien à manger. C’est vrai aussi pour les papillons. D’autres études montrent également que la moitié des papillons ont disparu en 20 ans. Ce sont un peu des images d’apocalypses, il faut bien le dire, en France où personne n’y prête trop d’importance, mais les chiffres sont clairs. On est face, vraiment, à une grosse grosse grosse catastrophe qui modifie complètement l’image de la France. Ce pays auquel on était habitué est en train de disparaître sous nos yeux et les gens de plus de 40 ans se souviennent forcément de l’époque où, quand on traversait la France en bagnole, on avait des insectes collés au pare-brise et on s’arrêtait pour nettoyer. Ça a complètement disparu. On peut pratiquement traverser la France d’un bout à l’autre sans nettoyer son pare-brise. Donc, on est vraiment face à quelque chose d’inouï et par ailleurs, on sait par d’autres études que des maladies graves se répandent chez les humains. Bien sûr, les pesticides ne sont pas responsables de tout mais ils contribuent tout de même à une aggravation de la santé du public en France avec certains cas de maladies de Parkinson qui sont à coup sûr liés à une exposition aux pesticides, des cancers… En fait, le bilan est vraiment catastrophique et ce n’est pas le bilan d’écologistes. C’est celui de gens qui s’informent, qui se renseignent et qui font confiance aux études scientifiques indépendantes.

Notre Appel est né de ce constat là et puis de l’idée qu’on se fait balader depuis si longtemps. Il y a vraiment un lobby des pesticides extrêmement puissant en France. Avec François Veillerette, nous avons sorti un livre pour accompagner la campagne des coquelicots, qui s’appelle justement « Nous voulons des coquelicots ». Dans ce livre, nous racontons l’histoire et la façon dont le lobby des pesticides s’est enraciné en France, comment il est né après guerre, à l’époque avec des intentions plutôt bonnes. Ces gens là pensaient qu’avec l’apparition des nouveaux pesticides de synthèse, comme par exemple le DDT, on allait venir à bout de quantité de ravageurs de récoltes, de champignons, de petits insectes… Ils sont partis avec ces intentions là mais on s’est rendu compte, un peu moins de 20 ans après, que les pesticides étaient neurotoxiques pour tout ce qui est vivant, grosso modo autour de la parution du livre de l’américaine Rachel Carson « Le printemps silencieux ». En 1962, cette dame publie un livre aux États-Unis [sous le titre original « Silent Spring »] qui est traduit l’année suivante en France. Elle y raconte d’un point de vue scientifique, en en s’appuyant sur l’avis de très grands scientifiques, la véritable histoire des pesticides. Elle montre pour la première fois au monde que les pesticides s’attaquent à tout ce qui est vivant. À ce moment là, il aurait été encore possible, sur le papier, de faire machine arrière et de se dire « bon bah, on s’est trompés, de bonne foi. On croyait bien faire et puis voilà, il se trouve que ces produits sont dangereux ».

Cependant, l’industrie ne fonctionne pas comme cela. Elle a ses chiffres d’affaire à défendre. L’industrie des pesticides n’a pas fait machine arrière et tout au contraire, a essayé d’entrer dans une campagne, qui dure jusqu’à aujourd’hui, de dénigrement des scientifiques indépendants, de désinformation, de mensonges et d’organisation très élaborée de ce qu’on appelle « la stratégie du doute ». Elle crée des espèces d’écran de fumée pour parler d’autre chose ou bien pour mettre en doute ce qui est prouvé par des études scientifiques. On est face aujourd’hui à une industrie qui est devenue vraiment folle et criminelle ! Elle ne veut plus entendre raison et est très soutenue en France par le ministère de l’agriculture, en particulier parce que l’industrie des pesticides a partie liée avec le grand syndicat agricole, la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles]. Cela crée une sorte de conglomérat qu’il est très très difficile de combattre, parce que tous les pouvoirs officiels, la FNSEA, l’industrie et certains scientifiques qui marchent pour l’industrie, tentent désespérément de cacher la vérité. Grosso modo, la vérité, c’est qu’il y a vraiment une sorte d’hécatombe des formes de vie en France et c’est pourquoi, on s’est dit que ce n’est plus la peine de tergiverser. Quand on arrive à obtenir, après 10 ans de combat, l’interdiction d’un pesticide, il y en a déjà deux, trois, parfois dix nouveaux sur le marché, qui l’ont remplacé et qui présentent eux-mêmes des problèmes de toxicité importants. Donc, on s’est dit qu’il fallait prendre le problème à la racine et demander l’interdiction définitive de tous les pesticides de synthèse parce qu’ils sont trop dangereux, tout simplement. Il y a des combinaisons chimiques entre différents pesticides qui forment des espèces de cocktails dont on ne sait presque rien. La logique, c’est donc d’interdire les pesticides. Les humains se sont passés de pesticides chimiques pendant des millions d’années alors que depuis 70 ans, on les utilise massivement et de manière complètement folle. Il faut à présent revenir à la raison. Il importe de refermer aussi vite que possible cette très très mauvaise parenthèse et de repenser l’activité agricole, l’usage des sols… En fait, il y a une revendication totalement élémentaire, qui est juste de dire que l’on ne veut plus être empoisonnés.

 



Et du coup, vous lancez une mobilisation qui pourrait durer deux ans. Pourquoi deux ans ?

Elle durera peut-être plus longtemps, mais elle va durer au minimum deux ans parce qu’on se dit qu’il faut réunir beaucoup de forces. On veut réunir 5 millions de signatures, 5 millions de soutiens à notre Appel. On pense qu’il est nécessaire de montrer que l’opinion en France est contre les pesticides. Si on y parvient, on pourra parler haut et clair et on pourra par exemple, c’est une idée personnelle, exiger un référendum national sur le sujet. C’est une course de fond et il ne faut pas lâcher. On se retrouve tous les mois, le premier vendredi de chaque mois, devant les mairies. Le prochain rendez-vous, c’est le 7 décembre à 18h30 devant les mairies. Nous avons été très surpris de l’importance du soutien à « L’Appel des coquelicots », puisque dès le 5 octobre, soit 3 semaines après avoir publié l’Appel, il y a eu 500 rassemblements en France. C’est colossal, très considérable. Le 2 novembre, en pleines vacances de la Toussaint, on a par ailleurs eu la grande surprise de voir 647 rassemblements en France. Nous attendons maintenant avec impatience les rendez-vous du 7 décembre. C’est vraiment un mouvement qui s’enracine en France. Plein de questions ne sont pas réglées, ça c’est sûr, mais en tout cas on a lancé cette initiative qui est une sorte de souffle libérateur en France et je crois que ça va durer.

Vous avez lancé, vous l’avez dit, un objectif de 5 millions de signatures et vous précisez bien que cela n’est pas une pétition…

Non, ce n’est pas du tout une pétition. Une pétition, c’est quelque chose de stérile pour moi. Une pétition, ça donne bonne conscience. Vous donnez votre signature et puis vous tournez les talons et vous passez à autre chose. Ça, ce n’est pas du tout notre démarche. C’est un Appel à l’action de longue durée, sur deux ans, et on demande aux gens qui nous soutiennent de le montrer, par des actions aussi petites soient-elles. L’important, c’est que ces actions soient là et que les gens agissent, non pas derrière un écran d’ordinateur mais dans la réalité, en se retrouvant. On va assister à une montée d’initiatives concrètes et réelles. On n’est plus dans le virtuel. On n’est plus dans la signature et puis on passe à autre chose. Non, là on s’engage à agir ensemble. C’est vraiment une autre manière de considérer les choses. Les engagements virtuels, personnellement j’en ai complètement marre, c’est-à-dire cette façon déglinguée de cliquer sur son clavier d’ordinateur et de ne pas se sentir plus concerné que ça. Ça, ça ne va pas. Il faut montrer de l’action réelle et c’est ça « L’Appel des coquelicots ».

Vous affirmez que c’est vraiment désormais « la société » qui parle. Du coup, cela signifie qu’aucune alliance n’est possible aujourd’hui avec un parti politique quel qu’il soit ?

Holà, non, attendez. L’appel, il est né aussi d’une exaspération devant le silence des politiques et devant leur complicité. Depuis 40 ans, on a vu se succéder en France des équipes de droite et de gauche. Toutes les équipes, toutes, ont soutenu l’industrie des pesticides. Il n’y en a pas une seule qui ait osé affronter le lobby des pesticides donc on n’a aucune raison de faire confiance aux pouvoirs politiques. On n’a pas confiance. Notre Appel, c’est un appel d’humains. Ce n’est pas un appel qui se situe sur un axe politique. Ce n’est pas un appel d’écologistes. C’est un appel d’humains adressé à d’autres humains. Tout le monde peut et doit signer notre Appel, mais on ne rentre pas dans le champs politique. On ne passe aucun accord avec aucun parti politique, ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais. Ça, c’est clair.

La France envisage l’interdiction du glyphosate d’ici la fin 2020/début 2021 ou, pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron, « dès que des alternatives auront été trouvées ». Vous, au contraire, vous refusez d’entrer dans ce débat des alternatives…

Franchement, je vais être un peu incorrect, c’est de la connerie. C’est de la démagogie. Ça ne veut rien dire. C’est un discours qu’on entend depuis des décennies. En 2008, le président de l’époque, Nicolas Sarkozy, a lancé à grands sons de trompes, un plan dit « Ecophyto ». Des centaines de millions d’euros publics ont été dépensés, en vain. Le plan « Ecophyto » visait à réduire de moitié l’usage des pesticides en France. Le plan « Ecophyto » a coûté des centaines de millions d’euros et j’aimerais bien savoir à quoi et à qui cela a servi, parce qu’au bout de 6 ans, l’usage des pesticides n’a pas diminué de 50 % mais a, au contraire, augmenté de 20 %. Ce fut un échec, un désastre total et là, à nouveau, on nous joue la même comédie. Le problème, c’est que le gouvernement actuel soutient l’industrie des pesticides, soutient l’agriculture industrielle et cherche à gagner du temps. Le glyphosate sera probablement interdit mais on s’en fout. Ce n’est pas du tout le sujet. Moi, je sais parfaitement que quand un produit est éliminé, au bout de 10 ans, 15 ans, 20 ans parfois, il y a d’autres produits en place qui ont des effets redoutables de toxicité. Il faut se rappeler que le DDT a été interdit en France en 1972, il y a donc 46 ans et on retrouve encore du DDT dans les analyses de cheveux des gens. C’est le système lui-même qui produit des poisons et qui veut à tout prix les vendre, les vendre et les vendre. Dans 91 % des prélèvements réalisés chaque année dans les eaux de surface, les rivières notamment, on retrouve des pesticides. On en retrouve dans les deux tiers des grandes nappes d’eau souterraines. Donc, interdire le glyphosate ou pas, j’en ai rien à foutre ! Je le dis très calmement, cela ne m’intéresse pas. Je ne me sens pas concerné par ça, parce que je sais que c’est une supercherie. Certains pensent peut-être que c’est une bonne chose et je respecte leur point de vue, mais je leur dis qu’ils se trompent totalement. Cela ne servira à rien. C’est le système qu’il faut détruire, ce n’est pas tel ou tel produit, tel ou tel pesticide.

 



Une idée en vogue dans la mouvance de l'écologie politique est que la transition écologique est déjà en marche. On retrouve par exemple cette idée dans le film de Marie-Monique Robin2, « Sacrée croissance ! », où elle défend la thèse selon laquelle de nombreuses alternatives iraient aujourd’hui dans le sens d’une transition vers une société post-croissance. Alors, la transition écologique est-elle bien déjà en marche ?

Non, évidemment que non, elle n’est pas du tout en route. Ça me paraît complètement absurde de voir les choses de la sorte. Par quelle espèce de miracle, la transition écologique pourrait-elle être en marche, étant entendu qu’il y a un accord des forces politiques existantes pour continuer à aller dans la même direction. Il n’y a aucune mise en cause. Oui, il y a des paroles, des paroles, il y en a des centaines et des milliers. Vous savez comme moi que Macron a été sacré « champion de la terre »3, mais tout ça c’est juste de la parole. Ce sont des paroles que l’on entend davantage aujourd’hui, mais que l’on a déjà entendu pendant des décennies. Souvenez-vous du fameux « Grenelle de l’environnement en 2007 » qui promettait à la France une révolution écologique, rien de moins ! Au bout d’un an, Sarkozy change pourtant d’avis et déclare au Salon de l’Agriculture, l’environnement « ça commence à bien faire ». La façon de voir des politiciens n’a absolument pas changé. En ce moment, par exemple, il y a des grévistes de la faim à Strasbourg pour essayer d’empêcher la construction d’une autoroute urbaine d’une vingtaine de kilomètres. Cela va complètement à l’encontre des propos qui sont tenus. On n’a pas arrêté le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pour des raisons écologiques. Les forces politiques sont d’accord pour des autoroutes, des centrales nucléaires, des aéroports, la production de biens matériels, ainsi que pour des traités commerciaux qui détruisent la planète… C’est vraiment le moteur à explosion de la crise climatique, donc transition écologique, bien sûr que non. Ce gouvernement et tant d’autres et même des écologistes officiels, vantent le modèle de la voiture électrique comme symbole d’une transition énergétique. Mais qu’est-ce que cette farce ? La voiture électrique marche à l’électricité par définition. Or en France, 75 % de l’électricité, c’est du nucléaire. D’autre part, la voiture électrique repose sur des quantités considérables de métaux précieux et de terres rares. Aucun politique ne suggère, ne propose ni n’envisage de rompre avec ce monde de la bagnole. Pas une seule force politique, que ce soient les Insoumis ou d’autres, ne met en cause la bagnole. Je relisais il y a peu l’espèce de cri de colère de René Dumont, le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974, contre la bagnole. Aujourd’hui, on n’ose même plus s’attaquer au Dieu bagnole qui est quand même un symbole extrêmement puissant et convaincant de la crise écologique dans laquelle nous sommes plongés.

Mais est-ce que vous ne pensez pas, à l’instar de la réalisatrice Marie-Monique Robin, qu’il y a aujourd’hui des alternatives citoyennes, dans des domaines aussi variés que les monnaies locales, la relocalisation alimentaire… qui vont dans le sens d’une transition écologique ?

Je soutiens tous ceux qui se battent et qui créent de nouvelles formes d’organisation, mais ce n’est pas de nature à inverser le courant. Le problème, c’est que personne ne semble être capable de penser le changement politique et de dire ce que serait un changement politique permettant enfin d’affronter la question écologique. Personne ne se pose la question. Tout le monde semble croire qu’en additionnant des petits pas, on arrivera à de grands changements. Je n’y crois pas une seule seconde. Je pense, pour ma part, que l’une des priorités, c’est d’être capable de penser le changement. Au plan des idées et des paroles, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut de grands changements, mais ça veut dire quoi de grands changements ? Ça veut dire attendre que les élections approchent ? Les discours qui font croire que nous sommes sur une bonne route m’insupportent, parce que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas un discours de désespoir. Moi, je plaide pour la clarté et pour qu’il y ait une grande réflexion nationale et même mondiale, pour savoir comment on sort de cette société dont le modèle social et économique est fondé sur la destruction de tous les équilibres naturels, car c’est ça dont il s’agit. Nos modes de production et de consommation des objets dans ce monde, en France comme ailleurs, concourent puissamment à la destruction des équilibres naturels. Les animaux disparaissent à un rythme complètement dingue. Le dérèglement climatique risque de rendre inhabitable des zones entières de la planète. Quand on est en face de phénomènes de cette sorte, on ne peut rester assis sur une chaise en prétendant que la transition écologique est en route. C’est ridicule.

Propos recueillis par Gwenhaël Blorville le 12 novembre 2018.

 

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Notes

[1] https://nousvoulonsdescoquelicots.org/ 

[2] La réalisatrice Marie-Monique Robin a réalisé de nombreux films documentaires engagés, parmi lesquels : « Le Monde selon Monsanto » (2008), « Les Moissons du futur » (2012), « Sacrée croissance ! » (2014), « Le Roundup face à ses juges » (2017)...

[3] Le 26 septembre 2018, Emmanuel Macron s’est vu décerner le titre de « Champion de la Terre » par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), à l’issue du One Planet Summit de New York, un sommet international sur le climat en marge de l’ONU.


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